Fish_and_Ship ∞ Beta Tester 3,376 posts 17,900 battles Report post #76 Posted November 29, 2018 Moi, la chance me fuit, rien eu de bien dans ces containers (5 acheté, que des camos) et sur ceux gagné en jeu (que des camo et un peu de free xp) Share this post Link to post Share on other sites
Sym333 ∞ Players 261 posts 11,129 battles Report post #77 Posted November 29, 2018 5 hours ago, T00N_ said: Ca me dérange un peu, voire beaucoup plus par contre, quand je me dis que même si le noir est l'une des couleurs les plus difficiles à percevoir correctement pour l'oeil et le cerveau humains, combiné à la silhouette caractéristique des navires pour peu que tu sois anglé voire broadside à un moment ou à un autre d'une partie, alors un joueur qui a un bon visuel sur toi dans un environnement suffisamment lumineux n'a aucun mal à te repérer immédiatement dans le paysage ni à voir, non plus, dans quelle direction tu te diriges. Cela arrive beaucoup moins avec des camos plus "chiasseux", souvent à base de gris ou verts pas trop foncés, qui peuvent régulièrement t'enduire d'erreur quand tu te demandes jusqu'où va réellement une proue qui dépasse et que tu peux voir en gros plan, etc. Ciel, des camouflages qui fonctionnent! On aura tout vu. Share this post Link to post Share on other sites
[-W-S-] Capt_Kelris [-W-S-] Beta Tester 2,909 posts 8,354 battles Report post #78 Posted December 3, 2018 Bon, à la suite des conteneurs gagnés en jeu (qui n'ont rien donnés) je me suis payé un lot de 6, pour gagner 2x 14 jours de prémium (valab') des camo (mouai) et un tirpitz B... C'est pas celui que j'aurais choisi, ayant déjà le tirpitz tout court, mais au moins, c'est un vache de beau navire: Conqueluzion : Bien valab', même si dispensab'. Share this post Link to post Share on other sites
[SKRUB] T00N_ Players 1,957 posts 36,709 battles Report post #79 Posted December 6, 2018 Le 03/12/2018 à 17:35, Capt_Kelris a dit : Bon, à la suite des conteneurs gagnés en jeu (qui n'ont rien donnés) je me suis payé un lot de 6, pour gagner 2x 14 jours de prémium (valab') des camo (mouai) et un tirpitz B... C'est pas celui que j'aurais choisi, ayant déjà le tirpitz tout court, mais au moins, c'est un vache de beau navire: Conqueluzion : Bien valab', même si dispensab'. Là je ne peux pas être d'accord capitaine ! Premier conteneur acheté, BOUM, un Asashio Black ! Avec lequel je m'éclate bien de temps en temps, bien que la fragilté de mes fesses à son bord me donne régulièrement des sueurs froides... Tous les conteneurs suivants (je ne sais pas combien mais à peu près autant que toi en comptant tout), des camos, des flags (de mémoire), peut-être 1 jour de premium par-ci par-là mais rien, en tout cas, qui soit de nature à me faire sauter au plafond en pissant partout. Ce petit épisode, en revanche, m'a incité à beaucoup me documenter sur les autres navires "blacks", qui étaient dispos à la vente à un prix bien inférieur à leur prix habiuel... J'ai donc regardé longuement ce qu'il y avait d'autre à vendre, comparé des navires plus ou moins intéressants en fonction de leur tier (quantité d'XP moyenne figurant dans les stats), pesé le pour et le contre, je me suis cogné toutes les fiches du Wiki et tous les "articles" de LWM et, à ma grande honte, je dois avouer qu'en bon esclave de WG que je suis, j'ai ouvert en GRAND mon porte-monnaie pour m'offrir, dans l'ordre, le Massachusetts Black, puis l'Atago Black et pour finir le Tirpitz Black ! Et finalement, je dois bien le reconnaître, je les adore TOUS LES QUATRE !!! L'Asashio est très spécial dans son genre (gameplay atypique à 1.000 %), le Massachusetts est un peu comme un gars qui arriverait avec une batte de base-ball dans une bataille au cure-dents, l'Atago, malgré une portée un poil limitée, est un sniper et un allume-feu d'exception qui peut faire très mal dès la première salve, quant au Tirpitz, c'est encore tout à fait autre chose, c'est le genre de navire avec lequel si tu demandais à un mec de rentrer sa tête dans le fût du canon, ah bah le Tirpitz il arriverait à le rater !!! Un peu comme dans la vraie vie quoi, le navire qui a été conçu pour t'encadrer dès la première salve, par contre pour mettre un coup au but, il faut te mettre à genoux, baisser la tête (au moins), joindre les mains et prier le dieu auquel tu crois ! J'AIME BIEN ! Mais pour revenir au sujet de départ, je serais bien incapable de dire si globalement, tout cela a été "valable" ou pas... Il y a toujours des gars qui ont ce qu'on appelle un pot de cocu et d'autres qui perdent systématiquement à tous les jeux de hasard (quand ils ne sont pas cocus en plus) ! Y'a pas d'explication possible à ce genre de "fatalités" positive ou négative je pense, bien que les probabilités aient été bouleversées par les capacités de calcul des machines actuelles (*) ; des programmeurs qui se débrouillent arriveront toujours à faire en sorte que n'importe quoi tombe sur n'importe qui à n'importe quel moment. Et ça... Ce n'est plus de la fatalité, ce n'est que du travail fait à peu près correctement. Si en coulisses du moins, tout est aussi propre que les joueurs l'espèrent en général. (*) Voir notamment la quasi mise à mort du phénomène autrefois connu sous le nom d'explosion combinatoire par... le PC de monsieur Toulmonde ! Share this post Link to post Share on other sites
Sana_Khan Players 11,571 posts 8,437 battles Report post #80 Posted December 7, 2018 On 12/3/2018 at 5:35 PM, Capt_Kelris said: Bon, à la suite des conteneurs gagnés en jeu (qui n'ont rien donnés) je me suis payé un lot de 6, pour gagner 2x 14 jours de prémium (valab') des camo (mouai) et un tirpitz B... C'est pas celui que j'aurais choisi, ayant déjà le tirpitz tout court, mais au moins, c'est un vache de beau navire: Conqueluzion : Bien valab', même si dispensab'. Bas tu peux rajouter la missions free doublon en jouant avec ton Derpitz original. C'est donc très rentable ton achat. Share this post Link to post Share on other sites
[STOMP] WgPlsBuffSuport Players 4,629 posts 17,707 battles Report post #81 Posted December 7, 2018 Il y a 7 heures, T00N_ a dit : quant au Tirpitz, c'est encore tout à fait autre chose, c'est le genre de navire avec lequel si tu demandais à un mec de rentrer sa tête dans le fût du canon, ah bah le Tirpitz il arriverait à le rater !!! Un peu comme dans la vraie vie quoi, le navire qui a été conçu pour t'encadrer dès la première salve c'est pour ça que son sister ship le bishmark à couler le hood en quelques obus. ps: au faite, pourquoi on surnome "sister ship ? Share this post Link to post Share on other sites
Marcanzi_1 Players 2,503 posts Report post #82 Posted December 7, 2018 Il y a 2 heures, crexius a dit : ps: au faite, pourquoi on surnome "sister ship ? @LastButterfly 1 Share this post Link to post Share on other sites
Merlwyb ∞ Players 539 posts 2,008 battles Report post #83 Posted December 7, 2018 Il me semble que les navires de guerre en anglais sont désignés au féminin (she) d'où le nom de sister ships au lieu de brother ships. Share this post Link to post Share on other sites
Captain_Tox Players 596 posts 40,112 battles Report post #84 Posted December 7, 2018 15 minutes ago, Merlwyb said: Il me semble que les navires de guerre en anglais sont désignés au féminin (she) d'où le nom de sister ships au lieu de brother ships. Oui, normalement jusqu'en 2002... où une loi imposait l'utilisation de "it" sauf que les Brexiters ne veulent pas appliquer la loi (rebelles !). L'emploi du "it" pour un bateau a toujours été et reste toujours grammaticalement correct ceci dit. :) Share this post Link to post Share on other sites
LastButterfly Beta Tester 5,519 posts 2,939 battles Report post #85 Posted December 7, 2018 4 hours ago, Merlwyb said: Il me semble que les navires de guerre dans une large majorité de langues a travers le monde sont désignés au féminin (she) d'où le nom de sister ships au lieu de brother ships. Fixed. 4 hours ago, Marcanzi_1 said: @LastButterfly I'm the night. Mais je suis trop crevé pour élaborer rn, deso. Share this post Link to post Share on other sites
[STOMP] WgPlsBuffSuport Players 4,629 posts 17,707 battles Report post #86 Posted December 7, 2018 ok merci pour vos explications Share this post Link to post Share on other sites
[-OOF-] Doobiecool Community Contributor 2,956 posts 23,246 battles Report post #87 Posted December 7, 2018 Mais en Français on dit bien le navire non ? Share this post Link to post Share on other sites
Fish_and_Ship ∞ Beta Tester 3,376 posts 17,900 battles Report post #88 Posted December 7, 2018 ça dépend, on le dit le Henry 4 et la Gallisonnière Share this post Link to post Share on other sites
Merlwyb ∞ Players 539 posts 2,008 battles Report post #89 Posted December 7, 2018 Doonnnnccc, quand ma Shimakaze se frotte contre une Zao pour la couvrir d'une smoke, c'est du yuri ? :{ 1 Share this post Link to post Share on other sites
[DZFOR] hinder1 Beta Tester 497 posts 30,538 battles Report post #90 Posted December 7, 2018 "pervert" spoted Share this post Link to post Share on other sites
[CHATS] gobolino Privateer 7,745 posts 14,876 battles Report post #91 Posted December 7, 2018 Il y a 30 minutes, Doobiecool a dit : Mais en Français on dit bien le navire non ? Y'a des gens qui ont bossé le sujet, bon courage à ceux qui vont tout lire. Spoiler https://troisponts.net/2015/09/29/lusage-de-larticle-devant-les-noms-des-navires/ L’usage de l’article devant les noms des navires 29 septembre 2015 par Nicolas Mioque Au temps de la marine à voiles, une tradition séculaire voulait que l’article fasse partie intégrante du nom des navires de guerre français et qu’il soit accordé, en genre et en nombre, avec celui-ci. Dans la plupart des cas, cet article apparaissait ainsi sur la poupe des navires. On donnait, en règle générale, à un vaisseau ou à un brick un nom masculin, et à une frégate ou à une corvette un nom féminin : les vaisseaux le Soleil Royal, le Tonnant, le Redoutable ; les frégates la Minerve, la Furieuse, la Belle-Poule… Des exceptions, toutefois, existaient : les vaisseaux la Ville de Paris, la Bretagne, la République française ; les frégates le Muiron, le Rubis, le Rhin. A la fin de l’Ancien Régime puis pendant la Révolution, le pluriel fit également son apparition : les vaisseaux les Deux-Frères, les États de Bourgogne, les Droits de l’Homme. Décor de poupe, Ornements du Saint-Philippe, 1721. Musée national de la marine. Au milieu du XIXème siècle, l’article précédent les noms des bâtiments à vapeur fut supprimé mais conservé pour les navires à voiles puis, à la fin du Second Empire, les documents officiels abandonnèrent le vieil usage d’imprimer l’article en toutes circonstances. Dés lors, on n’écrivait et on ne disait plus, comme à l’époque de la marine ancienne, la frégate la Gloire mais le croiseur Gloire, précisément parce que l’article ne faisait plus partie intégrante du nom du bâtiment. Pour autant, suivant les règles élémentaires de la grammaire française, l’article placé devant le nom du navire dans une phrase s’accordait avec le substantif, par exemple : « Une immense foule vint assister au lancement de la Gloire. » Il en fut ainsi, sans hésitation ni problème, jusqu’au début du XXème siècle. Durant la première décennie, lorsque l’armée commença à utiliser de grands dirigeables, certains navigateurs aériens et journalistes prirent l’habitude de les nommer « le » Patrie et « le » République, l’article « le » sous-entendant le ballon dirigeable. Cette pratique ne mit guère de temps à s’étendre aux navires. A cette époque en effet, la marine commanda une série de nouveaux cuirassés aux noms très symboliques de République, Patrie, Liberté, Démocratie, Justice et Vérité. Des noms féminins pour des cuirassés (type de navire du genre masculin)… Il n’en fallait pas plus pour que plusieurs grands quotidiens annoncent, en 1907, le lancement « du » Vérité et l’armement « du » Justice. Dés lors, beaucoup prirent la mauvaise habitude de masculiniser systématiquement l’article placé devant le nom d’un bâtiment. Rapidement des voix s’élevèrent contre cette nouvelle pratique, jugée totalement « contraire à la philologie, à l’usage et à la raison. » Des voix telles que celles des lecteurs de L’intermédiaire des chercheurs et des curieux qui discutèrent de cette question en 1907 et 1908 : « Ne semble-t-il pas que la langue du journalisme d’information s’écarte singulièrement des règles de la grammaire quand elle énonce : le Gloire, en désignant le croiseur de ce nom, et, le Patrie, pour parler du ballon dirigeable ainsi baptisé, Patrie et Gloire étant du genre féminin ? L’article masculin précédant ces deux noms sonne désagréablement à l’oreille. Le journaliste sous-entend les mots : croiseur et ballon, évidemment. Mais, écrire incorrectement pour semblable élision ! » Ou encore celle du jeune écrivain Maurice de Noisay, qui publia en 1909 une Lettre à MM. les directeurs des journaux nationalistes à propos d’un article défini, dans laquelle il s’étonna, lui aussi, que l’on se permit d’imprimer bizarrement « le République », pour désigner un dirigeable, et « le Vérité » ou « le Justice », pour désigner un cuirassé : « […] Car, si l’on veut prononcer le République – au masculin – parce que l’on sous-entend le dirigeable, autant vaudrait d’articuler le France, pour le pays de France, et le Garonne, sous prétexte qu’il est question d’un fleuve. » Extrait du journal le Figaro du 4 décembre 1907. Le ministre de la marine de l’époque, Gaston Thomson, réagit et déclara très simplement : « Le nom du bâtiment est inscrit à l’arrière sans être précédé d’aucun article et on peut lire : Patrie, République, Vérité. La correction, lorsqu’on désigne le nom, veut qu’on indique en même temps la classe du navire et qu’on dise, par exemple : « le cuirassé Justice« , « le contre-torpilleur Javeline« , etc. Dans le langage courant, on ne cite que le nom, mais on a le soin alors d’accorder l’article avec le substantif. On se garde de dire : « le Liberté« , « le Jeanne-d’Arc« , « le Marseillaise« , et on a grandement raison, car je ne sais rien de plus inélégant que ces interversions de genre et de sexe. »(cliquez sur l’image ci-dessous pour l’agrandir.) Extrait du journal Le Matin du mercredi 11 décembre 1907. A cette époque, le « mal » ne semblait pas encore être très profond. Il ne touchait qu’une partie de la presse et des auteurs peu au courant des choses de la marine. Lors de la catastrophe du cuirassé Liberté le 25 septembre 1911, par exemple, trois grands quotidiens (L’Aurore, L’Intransigeant, L’Univers) seulement annoncèrent l’explosion à Toulon « du »Liberté. Plusieurs autres journaux semblèrent en outre hésiter quant au genre des navires, tel Le Rappel qui rapportait dans son numéro du 27 septembre 1911 l’explosion de « la Liberté » tout en évoquant « les victimes du Gloire » et le précédent du cuirassé Iéna, appelé « le Iéna » puis « l’Iéna » dans l’article… La majorité des quotidiens, toutefois, écrivirent « la Liberté » (L’Action française, La Croix, L’Echo de Paris, Le Gaulois, Le Figaro, Le Gil Blas, L’Humanité, le Journal des débats politiques et littéraires, La Lanterne, Le Matin, L’Ouest-Eclair, Le Petit Journal, Le Petit Parisien, La Presse, Le Siècle, Le Temps). On remarquera cependant, dans les nombreux témoignages cités dans les différents articles de ces journaux, que plusieurs civils et marins avaient déjà prit l’habitude de masculiniser le nom des navires de guerre. Lorsque le cuirassé France coula le 26 août 1922, au large de Quiberon, après avoir échoué sur le récif de la Teignouse, la catastrophe fit également la Une de très nombreux quotidiens. Sur les dix-sept que nous avons pu étudier, neuf (L’Humanité, L’Ouest-Eclair, Le Figaro, L’Action française, L’Echo d’Alger, L’Echo de Paris, le Journal des débats politiques et littéraires, La Presse et Le Temps) écrivirent « la France« , cinq (Le Gaulois, Le Matin, Le Petit Journal, La Lanterne et Le Petit Parisien) « le France » et trois (La Croix, L’Intransigeant, Le Rappel) restèrent « neutres », se contentant de systématiquement écrire « le cuirassé France« . Interrogée sur la question du genre des noms propres des navires, l’Académie du Var, société littéraire et scientifique de Toulon, donna également son avis, après discussion, lors de la séance du 7 octobre 1925 : « Le nom propre d’un bateau conserve son genre, qu’il s’agisse d’un transport, d’une corvette, d’un sous-marin, d’un cuirassé ou d’une canonnière, quand ce nom est précédé de l’article. Exemple : la France a fait un beau voyage ; le cuirassé France a fait une bonne traversée ; le Kéraudren est allé à Saint-Mandrier ; la canonnière Kéraudren est allée à Saint-Mandrier. La Provence a fait une bonne traversée. La Liberté a fait explosion en 1911. On ne peut dire Le Provence ou le Liberté. L’argument que le mot cuirassé est sous-entendu n’a pas de valeur sans quoi on devrait mettre les noms de tous les départements ou de tous les fleuves au masculin, sous prétexte qu’il s’agit de départements ou de fleuves ! » La querelle prit une nouvelle fois de l’ampleur au début des années 1930, lors de la construction du grand paquebot Normandie. La presse se passionna très naturellement pour ce magnifique navire, chef d’œuvre d’architecture navale et nouvel orgueil de la marine marchande de la Compagnie Générale Transatlantique et du pays. A cette occasion, la quasi-totalité des journaux annoncèrent le lancement « du » Normandie, ou le fait que « le » Normandie serait le plus grand paquebot du monde… Seul le quotidien breton L’Ouest-Eclaircontinua d’écrire « la Normandie« . Face à cette situation, L’Ouest-Éclair mena son enquête et s’interrogea : Doit-on dire « le » ou « la » Normandie ? La question fut posée par le journal « aux plus hautes personnalités françaises », sollicitant les marins comme les hommes de lettres : notamment les amiraux Guépratte, Adam, Exelmans, Darlan, le capitaine de vaisseau Kerdudo, commandant de l’École navale, les écrivains maritimes Pierre Le Comte, Claude Farrère, Louis Guichard, les académiciens Henri de Réginer, Abel Bonnard, Louis Bertrand. Leurs réponses furent publiées dans les éditions du 6, 7, 8, 9 et 11 août 1934 du journal. A l’unanimité, l’ensemble de ces personnalités condamnèrent avec force le nouvel usage : il fallait dire « la Normandie » ! Georges Clerc-Rampal, capitaine au long cours et enseigne de vaisseau de réserve auteur d’une Histoire de la Marine française, écrit notamment : « Il est bon de mettre fin à la déplorable manie que vous signalez de déformer la langue française lorsqu’il s’agit d’un bâtiment. Dire le Normandie, le Provence, c’est pécher à la fois contre la tradition, contre le génie de notre langue et contre le bon sens. Il a toujours été de principe absolu, dans la marine, que l’article fait partie du nom. C’est donc une erreur d’appliquer cet article à la catégorie de bâtiment, et, c’en est une autre de supprimer cet article. » Quelques jours seulement après la publication du résultat de cette sorte de sondage d’opinion, le 13 août 1934, le ministre de la Marine de l’époque, François Piétri, adressa à ses services une circulaire à propos de « l’usage de l’article devant les noms des navires de guerre » : « 1° Une tradition séculaire ayant force de règlement voulait que l’article fit partie intégrante du nom des navires de guerre français et qu’il fût accordé soit avec ce nom si celui-ci était un substantif : le vaisseau Le Bucentaure, le vaisseau La Convention, le vaisseau La Ville de Paris, soit avec la catégorie du navire si ce nom était une épithète : le vaisseau Le Tonnant, la frégate La Malicieuse. 2° Depuis plusieurs années, l’article ne faisant plus toujours officiellement partie du nom « Patrie, Condorcet, Provence, etc. » des habitudes de langage parlé ou écrit s’introduisent qui heurtent la grammaire, l’oreille et le bon sens. On tend à ne plus employer l’article, voire à le supprimer quand il existe officiellement ; on dit par exemple Fortune au lieu de « la Fortunedemande à appareiller ». On tend aussi toujours à l’accorder avec la catégorie du navire et parce qu’il s’agit d’un cuirassé, d’un croiseur, d’un torpilleur, etc., on tend à dire ou à écrire au masculin Le Bretagne, le Jeanne d’Arc, le Bourrasque, etc. », ceci en vertu d’une thèse qui généralement conduirait à dire Le Seine, le Pyrénées-Orientales parce qu’on parle d’un fleuve ou d’un département. Enfin brochant sur le tout, on emploie des tournures de phrases, comme celles-ci : la torpille de Typhon, les turbines du Bourrasque, j’embarque sur Suffren. 3° Il convient donc, en ce qui concerne l’usage de l’article, de fixer une doctrine qui autant que le permet la dénomination de nos navires, se rapproche de la tradition correcte. En conséquence, j’ai décidé que : « Premièrement : L’article devra toujours être employé lorsqu’on citera le nom d’un navire de guerre sans le faire précéder de celui de sa catégorie, exemple : la Provence, la Jeanne-d’Arc, le Vauban, la Psyché. Exception de cette règle ne sera tolérée que dans le style télégraphique. Deuxièmement : Lorsqu’on fera précéder le nom du navire de celui de sa catégorie, l’article devra toujours figurer devant le nom s’il fait partie intégrante du nom officiel ; il n’y figurera pas dans le cas contraire ; exemple : le contre-torpilleur Le Fantasque, le torpilleur La Palme, le sous-marin La Sultane, le cuirassé Provence, le croiseur Foch, le torpilleur Tramontane. Troisièmement : Par voie de conséquence, toutes les phrases devant être construites avec cet article ; on devra dire par exemple : les turbines de La Bourrasque, ou j’embarque sur le Suffren. » Extrait du journal L’Ouest-Éclair du 17 aout 1934. L’Académie française, à l’initiative de l’amiral Lacaze, félicita le ministre pour cette décision jugée « [respectueuse de] la tradition qui concorde, du reste, avec la grammaire et l’euphonie. » L’Académie de Marine en fit de même. On remarquera pour autant que le ministre Piétri n’a à cette occasion rien inventé. Sa circulaire est en tout point conforme à l’avis exprimé par le ministre Thomson trente ans plus tôt, en 1907. Son véritable mérite est, en vérité, d’avoir officialisé la tradition. La circulaire du 13 août 1934, cependant, ne régla pas totalement le problème, comme on pourrait être tenté de le croire. Si, concernant la marine de guerre, il n’y avait effectivement plus de discussion possible, la tradition étant devenu la règle, le problème restait entier concernant la marine marchande, comme le rappelle le journal Le Temps dans son numéro du 30 août 1934 : « La discipline, qui fait la force principale des armées, fait aussi la force principale de la flotte de guerre ; mais la flotte de commerce ne saurait y être soumise, attendu qu’elle est essentiellement civile, et comme disait M. de Talleyrand, nous appelons civil tout ce qui n’est pas militaire. Les compagnies de navigation sont maîtresses après Dieu de leurs bâtiments, et elles ont, entre autres droits, celui de les baptiser comme il leur plait : cela ne regarde personne ; cela notamment ne regarde pas le gouvernement de la République. » Le Journal de la Marine marchande avait d’ailleurs assez mal réagi à la décision ministérielle, invoquant l’usage et le « sous-entendu » vapeur : « Les assureurs, les affréteurs, les douaniers, les bureaux de navigation ont coutume de mettre l’article le devant le nom d’un navire, parce qu’ils sous-entendent le mot vapeur. » Extrait du journal L’Illustration dédié au paquebot Normandie, paru en 1935. Sur le moment, la circulaire du ministre eut toutefois un certain effet. Lors du départ du paquebot Normandie pour son voyage inaugural, le 29 mai 1935, pas un seul des onze grands quotidiens étudiés n’écrivit « le » Normandie. Sept écrivirent « la » Normandie(L’Action française, Le Figaro, L’Echo de Paris, La Croix, L’Humanité, L’Ouest-Eclair, Le Temps), les cinq autres (Le Petit Journal, Le Petit Parisien, Le Matin, L’Intransigeant) préférant respecter de la volonté Compagnie Générale Transatlantique et annoncèrent « le départ deNormandie« , sans le moindre article donc… Extrait du journal Le Matin du 16 juin 1936. Cela n’empêchera pas, vingt années plus tard, le ministre chargé de la Marine marchande, Raymond Schmittlein, de rappeler dans sa circulaire du 25 février 1955 que « la correction grammaticale et la véritable tradition veulent que l’article défini soit du genre qu’appelle le nom du navire et qu’il est particulièrement choquant de voir ou d’entendre une administration parler DU Marseillaise, DU France ou DU Jamaïque. » Mais, malgré l’avis clairement manifesté de leurs plus illustres prédécesseurs – cap-horniers et long-courriers encore vivants – en dépit de directives ministérielles précises, malgré les décisions de certains directeurs de compagnies de navigation, comme Georges Philippar, directeur de Compagnie des Messageries Maritimes qui écrivait en 1934 : « la suppression de l’article semble intolérable. Elle conduit à des expressions heurtées et particulièrement choquantes. Si donc – comme je pense – article il doit y avoir, il semble qu’en toute logique, cet article doit, comme ce fut le cas jadis, être déterminé par le genre du nom choisi et non par celui du type de l’unité considérée. Tout autre procédé conduit, en effet, à des expressions déplorables. Il faut évidemment dire le Voltaire, la Jeanne d’Arc. Comment peut-on s’exprimer autrement ? », les marins du commerce conservèrent leur habitude de privilégier l’accord masculin. Peut-être pour affirmer leur particularité vis à vis de la marine militaire ? On notera ainsi que, à l’occasion du lancement du paquebot France, le 11 mai 1960, le président de Gaulle lui-même sembla hésiter dans son discours, dans lequel il conclut subtilement : « Et maintenant, que France s’achève et s’en aille vers l’océan, pour y voguer et servir ! Vive le France, vive la France ! » Aujourd’hui, la question du genre des navires parait de moins en moins controversée tant l’usage semble définitivement favoriser, pour la marine de commerce, la masculinisation systématique des paquebots et autres bateaux, et, pour la marine militaire, l’accord entre l’article et le nom d’un bâtiment de guerre. On remarquera qu’il n’est toutefois pas rare de lire ou d’entendre, encore aujourd’hui, parler « du Jeanne d’Arc« , ce navire mythique s’en allant pour son dernier voyage, de « la Dupleix » ou même de « la Guépratte » quand on évoque les frégates de la Marine nationale. On peut se demander quelle eut été la réaction de l’amiral Guépratte face à de telles erreurs, lui qui écrivait il y a 80 ans : « Ah ! elle est bonne, celle là. Dira-t-on Le Jeanne-d’Arc, Le Pomone, Le Calypso ? C’est tout simplement grotesque. Je ne comprends même pas que la question ait pu se poser. Nous avons La Jeanne-d’Arc, La Junon. » 1 Share this post Link to post Share on other sites
[STOMP] WgPlsBuffSuport Players 4,629 posts 17,707 battles Report post #92 Posted December 7, 2018 Il y a 46 minutes, gobolino a dit : Y'a des gens qui ont bossé le sujet, bon courage à ceux qui vont tout lire. Masquer du contenu https://troisponts.net/2015/09/29/lusage-de-larticle-devant-les-noms-des-navires/ L’usage de l’article devant les noms des navires 29 septembre 2015 par Nicolas Mioque Au temps de la marine à voiles, une tradition séculaire voulait que l’article fasse partie intégrante du nom des navires de guerre français et qu’il soit accordé, en genre et en nombre, avec celui-ci. Dans la plupart des cas, cet article apparaissait ainsi sur la poupe des navires. On donnait, en règle générale, à un vaisseau ou à un brick un nom masculin, et à une frégate ou à une corvette un nom féminin : les vaisseaux le Soleil Royal, le Tonnant, le Redoutable ; les frégates la Minerve, la Furieuse, la Belle-Poule… Des exceptions, toutefois, existaient : les vaisseaux la Ville de Paris, la Bretagne, la République française ; les frégates le Muiron, le Rubis, le Rhin. A la fin de l’Ancien Régime puis pendant la Révolution, le pluriel fit également son apparition : les vaisseaux les Deux-Frères, les États de Bourgogne, les Droits de l’Homme. Décor de poupe, Ornements du Saint-Philippe, 1721. Musée national de la marine. Au milieu du XIXème siècle, l’article précédent les noms des bâtiments à vapeur fut supprimé mais conservé pour les navires à voiles puis, à la fin du Second Empire, les documents officiels abandonnèrent le vieil usage d’imprimer l’article en toutes circonstances. Dés lors, on n’écrivait et on ne disait plus, comme à l’époque de la marine ancienne, la frégate la Gloire mais le croiseur Gloire, précisément parce que l’article ne faisait plus partie intégrante du nom du bâtiment. Pour autant, suivant les règles élémentaires de la grammaire française, l’article placé devant le nom du navire dans une phrase s’accordait avec le substantif, par exemple : « Une immense foule vint assister au lancement de la Gloire. » Il en fut ainsi, sans hésitation ni problème, jusqu’au début du XXème siècle. Durant la première décennie, lorsque l’armée commença à utiliser de grands dirigeables, certains navigateurs aériens et journalistes prirent l’habitude de les nommer « le » Patrie et « le » République, l’article « le » sous-entendant le ballon dirigeable. Cette pratique ne mit guère de temps à s’étendre aux navires. A cette époque en effet, la marine commanda une série de nouveaux cuirassés aux noms très symboliques de République, Patrie, Liberté, Démocratie, Justice et Vérité. Des noms féminins pour des cuirassés (type de navire du genre masculin)… Il n’en fallait pas plus pour que plusieurs grands quotidiens annoncent, en 1907, le lancement « du » Vérité et l’armement « du » Justice. Dés lors, beaucoup prirent la mauvaise habitude de masculiniser systématiquement l’article placé devant le nom d’un bâtiment. Rapidement des voix s’élevèrent contre cette nouvelle pratique, jugée totalement « contraire à la philologie, à l’usage et à la raison. » Des voix telles que celles des lecteurs de L’intermédiaire des chercheurs et des curieux qui discutèrent de cette question en 1907 et 1908 : « Ne semble-t-il pas que la langue du journalisme d’information s’écarte singulièrement des règles de la grammaire quand elle énonce : le Gloire, en désignant le croiseur de ce nom, et, le Patrie, pour parler du ballon dirigeable ainsi baptisé, Patrie et Gloire étant du genre féminin ? L’article masculin précédant ces deux noms sonne désagréablement à l’oreille. Le journaliste sous-entend les mots : croiseur et ballon, évidemment. Mais, écrire incorrectement pour semblable élision ! » Ou encore celle du jeune écrivain Maurice de Noisay, qui publia en 1909 une Lettre à MM. les directeurs des journaux nationalistes à propos d’un article défini, dans laquelle il s’étonna, lui aussi, que l’on se permit d’imprimer bizarrement « le République », pour désigner un dirigeable, et « le Vérité » ou « le Justice », pour désigner un cuirassé : « […] Car, si l’on veut prononcer le République – au masculin – parce que l’on sous-entend le dirigeable, autant vaudrait d’articuler le France, pour le pays de France, et le Garonne, sous prétexte qu’il est question d’un fleuve. » Extrait du journal le Figaro du 4 décembre 1907. Le ministre de la marine de l’époque, Gaston Thomson, réagit et déclara très simplement : « Le nom du bâtiment est inscrit à l’arrière sans être précédé d’aucun article et on peut lire : Patrie, République, Vérité. La correction, lorsqu’on désigne le nom, veut qu’on indique en même temps la classe du navire et qu’on dise, par exemple : « le cuirassé Justice« , « le contre-torpilleur Javeline« , etc. Dans le langage courant, on ne cite que le nom, mais on a le soin alors d’accorder l’article avec le substantif. On se garde de dire : « le Liberté« , « le Jeanne-d’Arc« , « le Marseillaise« , et on a grandement raison, car je ne sais rien de plus inélégant que ces interversions de genre et de sexe. »(cliquez sur l’image ci-dessous pour l’agrandir.) Extrait du journal Le Matin du mercredi 11 décembre 1907. A cette époque, le « mal » ne semblait pas encore être très profond. Il ne touchait qu’une partie de la presse et des auteurs peu au courant des choses de la marine. Lors de la catastrophe du cuirassé Liberté le 25 septembre 1911, par exemple, trois grands quotidiens (L’Aurore, L’Intransigeant, L’Univers) seulement annoncèrent l’explosion à Toulon « du »Liberté. Plusieurs autres journaux semblèrent en outre hésiter quant au genre des navires, tel Le Rappel qui rapportait dans son numéro du 27 septembre 1911 l’explosion de « la Liberté » tout en évoquant « les victimes du Gloire » et le précédent du cuirassé Iéna, appelé « le Iéna » puis « l’Iéna » dans l’article… La majorité des quotidiens, toutefois, écrivirent « la Liberté » (L’Action française, La Croix, L’Echo de Paris, Le Gaulois, Le Figaro, Le Gil Blas, L’Humanité, le Journal des débats politiques et littéraires, La Lanterne, Le Matin, L’Ouest-Eclair, Le Petit Journal, Le Petit Parisien, La Presse, Le Siècle, Le Temps). On remarquera cependant, dans les nombreux témoignages cités dans les différents articles de ces journaux, que plusieurs civils et marins avaient déjà prit l’habitude de masculiniser le nom des navires de guerre. Lorsque le cuirassé France coula le 26 août 1922, au large de Quiberon, après avoir échoué sur le récif de la Teignouse, la catastrophe fit également la Une de très nombreux quotidiens. Sur les dix-sept que nous avons pu étudier, neuf (L’Humanité, L’Ouest-Eclair, Le Figaro, L’Action française, L’Echo d’Alger, L’Echo de Paris, le Journal des débats politiques et littéraires, La Presse et Le Temps) écrivirent « la France« , cinq (Le Gaulois, Le Matin, Le Petit Journal, La Lanterne et Le Petit Parisien) « le France » et trois (La Croix, L’Intransigeant, Le Rappel) restèrent « neutres », se contentant de systématiquement écrire « le cuirassé France« . Interrogée sur la question du genre des noms propres des navires, l’Académie du Var, société littéraire et scientifique de Toulon, donna également son avis, après discussion, lors de la séance du 7 octobre 1925 : « Le nom propre d’un bateau conserve son genre, qu’il s’agisse d’un transport, d’une corvette, d’un sous-marin, d’un cuirassé ou d’une canonnière, quand ce nom est précédé de l’article. Exemple : la France a fait un beau voyage ; le cuirassé France a fait une bonne traversée ; le Kéraudren est allé à Saint-Mandrier ; la canonnière Kéraudren est allée à Saint-Mandrier. La Provence a fait une bonne traversée. La Liberté a fait explosion en 1911. On ne peut dire Le Provence ou le Liberté. L’argument que le mot cuirassé est sous-entendu n’a pas de valeur sans quoi on devrait mettre les noms de tous les départements ou de tous les fleuves au masculin, sous prétexte qu’il s’agit de départements ou de fleuves ! » La querelle prit une nouvelle fois de l’ampleur au début des années 1930, lors de la construction du grand paquebot Normandie. La presse se passionna très naturellement pour ce magnifique navire, chef d’œuvre d’architecture navale et nouvel orgueil de la marine marchande de la Compagnie Générale Transatlantique et du pays. A cette occasion, la quasi-totalité des journaux annoncèrent le lancement « du » Normandie, ou le fait que « le » Normandie serait le plus grand paquebot du monde… Seul le quotidien breton L’Ouest-Eclaircontinua d’écrire « la Normandie« . Face à cette situation, L’Ouest-Éclair mena son enquête et s’interrogea : Doit-on dire « le » ou « la » Normandie ? La question fut posée par le journal « aux plus hautes personnalités françaises », sollicitant les marins comme les hommes de lettres : notamment les amiraux Guépratte, Adam, Exelmans, Darlan, le capitaine de vaisseau Kerdudo, commandant de l’École navale, les écrivains maritimes Pierre Le Comte, Claude Farrère, Louis Guichard, les académiciens Henri de Réginer, Abel Bonnard, Louis Bertrand. Leurs réponses furent publiées dans les éditions du 6, 7, 8, 9 et 11 août 1934 du journal. A l’unanimité, l’ensemble de ces personnalités condamnèrent avec force le nouvel usage : il fallait dire « la Normandie » ! Georges Clerc-Rampal, capitaine au long cours et enseigne de vaisseau de réserve auteur d’une Histoire de la Marine française, écrit notamment : « Il est bon de mettre fin à la déplorable manie que vous signalez de déformer la langue française lorsqu’il s’agit d’un bâtiment. Dire le Normandie, le Provence, c’est pécher à la fois contre la tradition, contre le génie de notre langue et contre le bon sens. Il a toujours été de principe absolu, dans la marine, que l’article fait partie du nom. C’est donc une erreur d’appliquer cet article à la catégorie de bâtiment, et, c’en est une autre de supprimer cet article. » Quelques jours seulement après la publication du résultat de cette sorte de sondage d’opinion, le 13 août 1934, le ministre de la Marine de l’époque, François Piétri, adressa à ses services une circulaire à propos de « l’usage de l’article devant les noms des navires de guerre » : « 1° Une tradition séculaire ayant force de règlement voulait que l’article fit partie intégrante du nom des navires de guerre français et qu’il fût accordé soit avec ce nom si celui-ci était un substantif : le vaisseau Le Bucentaure, le vaisseau La Convention, le vaisseau La Ville de Paris, soit avec la catégorie du navire si ce nom était une épithète : le vaisseau Le Tonnant, la frégate La Malicieuse. 2° Depuis plusieurs années, l’article ne faisant plus toujours officiellement partie du nom « Patrie, Condorcet, Provence, etc. » des habitudes de langage parlé ou écrit s’introduisent qui heurtent la grammaire, l’oreille et le bon sens. On tend à ne plus employer l’article, voire à le supprimer quand il existe officiellement ; on dit par exemple Fortune au lieu de « la Fortunedemande à appareiller ». On tend aussi toujours à l’accorder avec la catégorie du navire et parce qu’il s’agit d’un cuirassé, d’un croiseur, d’un torpilleur, etc., on tend à dire ou à écrire au masculin Le Bretagne, le Jeanne d’Arc, le Bourrasque, etc. », ceci en vertu d’une thèse qui généralement conduirait à dire Le Seine, le Pyrénées-Orientales parce qu’on parle d’un fleuve ou d’un département. Enfin brochant sur le tout, on emploie des tournures de phrases, comme celles-ci : la torpille de Typhon, les turbines du Bourrasque, j’embarque sur Suffren. 3° Il convient donc, en ce qui concerne l’usage de l’article, de fixer une doctrine qui autant que le permet la dénomination de nos navires, se rapproche de la tradition correcte. En conséquence, j’ai décidé que : « Premièrement : L’article devra toujours être employé lorsqu’on citera le nom d’un navire de guerre sans le faire précéder de celui de sa catégorie, exemple : la Provence, la Jeanne-d’Arc, le Vauban, la Psyché. Exception de cette règle ne sera tolérée que dans le style télégraphique. Deuxièmement : Lorsqu’on fera précéder le nom du navire de celui de sa catégorie, l’article devra toujours figurer devant le nom s’il fait partie intégrante du nom officiel ; il n’y figurera pas dans le cas contraire ; exemple : le contre-torpilleur Le Fantasque, le torpilleur La Palme, le sous-marin La Sultane, le cuirassé Provence, le croiseur Foch, le torpilleur Tramontane. Troisièmement : Par voie de conséquence, toutes les phrases devant être construites avec cet article ; on devra dire par exemple : les turbines de La Bourrasque, ou j’embarque sur le Suffren. » Extrait du journal L’Ouest-Éclair du 17 aout 1934. L’Académie française, à l’initiative de l’amiral Lacaze, félicita le ministre pour cette décision jugée « [respectueuse de] la tradition qui concorde, du reste, avec la grammaire et l’euphonie. » L’Académie de Marine en fit de même. On remarquera pour autant que le ministre Piétri n’a à cette occasion rien inventé. Sa circulaire est en tout point conforme à l’avis exprimé par le ministre Thomson trente ans plus tôt, en 1907. Son véritable mérite est, en vérité, d’avoir officialisé la tradition. La circulaire du 13 août 1934, cependant, ne régla pas totalement le problème, comme on pourrait être tenté de le croire. Si, concernant la marine de guerre, il n’y avait effectivement plus de discussion possible, la tradition étant devenu la règle, le problème restait entier concernant la marine marchande, comme le rappelle le journal Le Temps dans son numéro du 30 août 1934 : « La discipline, qui fait la force principale des armées, fait aussi la force principale de la flotte de guerre ; mais la flotte de commerce ne saurait y être soumise, attendu qu’elle est essentiellement civile, et comme disait M. de Talleyrand, nous appelons civil tout ce qui n’est pas militaire. Les compagnies de navigation sont maîtresses après Dieu de leurs bâtiments, et elles ont, entre autres droits, celui de les baptiser comme il leur plait : cela ne regarde personne ; cela notamment ne regarde pas le gouvernement de la République. » Le Journal de la Marine marchande avait d’ailleurs assez mal réagi à la décision ministérielle, invoquant l’usage et le « sous-entendu » vapeur : « Les assureurs, les affréteurs, les douaniers, les bureaux de navigation ont coutume de mettre l’article le devant le nom d’un navire, parce qu’ils sous-entendent le mot vapeur. » Extrait du journal L’Illustration dédié au paquebot Normandie, paru en 1935. Sur le moment, la circulaire du ministre eut toutefois un certain effet. Lors du départ du paquebot Normandie pour son voyage inaugural, le 29 mai 1935, pas un seul des onze grands quotidiens étudiés n’écrivit « le » Normandie. Sept écrivirent « la » Normandie(L’Action française, Le Figaro, L’Echo de Paris, La Croix, L’Humanité, L’Ouest-Eclair, Le Temps), les cinq autres (Le Petit Journal, Le Petit Parisien, Le Matin, L’Intransigeant) préférant respecter de la volonté Compagnie Générale Transatlantique et annoncèrent « le départ deNormandie« , sans le moindre article donc… Extrait du journal Le Matin du 16 juin 1936. Cela n’empêchera pas, vingt années plus tard, le ministre chargé de la Marine marchande, Raymond Schmittlein, de rappeler dans sa circulaire du 25 février 1955 que « la correction grammaticale et la véritable tradition veulent que l’article défini soit du genre qu’appelle le nom du navire et qu’il est particulièrement choquant de voir ou d’entendre une administration parler DU Marseillaise, DU France ou DU Jamaïque. » Mais, malgré l’avis clairement manifesté de leurs plus illustres prédécesseurs – cap-horniers et long-courriers encore vivants – en dépit de directives ministérielles précises, malgré les décisions de certains directeurs de compagnies de navigation, comme Georges Philippar, directeur de Compagnie des Messageries Maritimes qui écrivait en 1934 : « la suppression de l’article semble intolérable. Elle conduit à des expressions heurtées et particulièrement choquantes. Si donc – comme je pense – article il doit y avoir, il semble qu’en toute logique, cet article doit, comme ce fut le cas jadis, être déterminé par le genre du nom choisi et non par celui du type de l’unité considérée. Tout autre procédé conduit, en effet, à des expressions déplorables. Il faut évidemment dire le Voltaire, la Jeanne d’Arc. Comment peut-on s’exprimer autrement ? », les marins du commerce conservèrent leur habitude de privilégier l’accord masculin. Peut-être pour affirmer leur particularité vis à vis de la marine militaire ? On notera ainsi que, à l’occasion du lancement du paquebot France, le 11 mai 1960, le président de Gaulle lui-même sembla hésiter dans son discours, dans lequel il conclut subtilement : « Et maintenant, que France s’achève et s’en aille vers l’océan, pour y voguer et servir ! Vive le France, vive la France ! » Aujourd’hui, la question du genre des navires parait de moins en moins controversée tant l’usage semble définitivement favoriser, pour la marine de commerce, la masculinisation systématique des paquebots et autres bateaux, et, pour la marine militaire, l’accord entre l’article et le nom d’un bâtiment de guerre. On remarquera qu’il n’est toutefois pas rare de lire ou d’entendre, encore aujourd’hui, parler « du Jeanne d’Arc« , ce navire mythique s’en allant pour son dernier voyage, de « la Dupleix » ou même de « la Guépratte » quand on évoque les frégates de la Marine nationale. On peut se demander quelle eut été la réaction de l’amiral Guépratte face à de telles erreurs, lui qui écrivait il y a 80 ans : « Ah ! elle est bonne, celle là. Dira-t-on Le Jeanne-d’Arc, Le Pomone, Le Calypso ? C’est tout simplement grotesque. Je ne comprends même pas que la question ait pu se poser. Nous avons La Jeanne-d’Arc, La Junon. » et pour faire court ? 1 Share this post Link to post Share on other sites
Fish_and_Ship ∞ Beta Tester 3,376 posts 17,900 battles Report post #93 Posted December 7, 2018 Pour faire court? la langue française est compliqué Share this post Link to post Share on other sites
[STOMP] WgPlsBuffSuport Players 4,629 posts 17,707 battles Report post #94 Posted December 7, 2018 Il y a 8 minutes, Fish_and_Ship a dit : Pour faire court? la langue française est compliqué en gros, comme d'hab les anglais foutent leurs [edited]es Share this post Link to post Share on other sites
[CHATS] gobolino Privateer 7,745 posts 14,876 battles Report post #95 Posted December 7, 2018 Il y a 44 minutes, crexius a dit : en gros, comme d'hab les anglais foutent leurs [edited]es Heu.... non, pour une fois ce sont nos braves Marins (et les journalistes Parisien du début XXème) qui foutent le brun. Pour faire Bref : La marine Marchande depuis la fin du XIXème début du XXème commence a abandonné la féminisation des navires pour masculiniser les noms (Ex La goélette "La France" est devenu le Paquebot Le "France"... ). En passant de la voile à la vapeur les Marin de commerce ont masculinisé leurs rapports avec les navires. La Marine militaire fière de ses 2 000 ans de tradition, elle fait l'accord avec le genre du nom. On embarque sur LA "Jeanne d'Arc" et LE "De Gaulle" Par contre quand on parle du navire on va parler de la Frégate Horizon "Chevalier Paul" ..... mais on embarque bien à bord DU "Chevalier Paul" . Mais bon nos fiers Marins ( @Pelariga& @JymmBlack par exemple) pourrons nous dire quel est l'usage réel de la chose. 1 Share this post Link to post Share on other sites
[STOMP] WgPlsBuffSuport Players 4,629 posts 17,707 battles Report post #96 Posted December 7, 2018 Il y a 40 minutes, gobolino a dit : Heu.... non, pour une fois ce sont nos braves Marins (et les journalistes Parisien du début XXème) qui foutent le brun. Pour faire Bref : La marine Marchande depuis la fin du XIXème début du XXème commence a abandonné la féminisation des navires pour masculiniser les noms (Ex La goélette "La France" est devenu le Paquebot Le "France"... ). En passant de la voile à la vapeur les Marin de commerce ont masculinisé leurs rapports avec les navires. La Marine militaire fière de ses 2 000 ans de tradition, elle fait l'accord avec le genre du nom. On embarque sur LA "Jeanne d'Arc" et LE "De Gaulle" Par contre quand on parle du navire on va parler de la Frégate Horizon "Chevalier Paul" ..... mais on embarque bien à bord DU "Chevalier Paul" . Mais bon nos fiers Marins ( @Pelariga& @JymmBlack par exemple) pourrons nous dire quel est l'usage réel de la chose. ouah merci , sa mérite d’être clair. Mais pourquoi ils ont voulu "masculiniser " les navires ? problème d'égo ? Share this post Link to post Share on other sites
Biloute29 Players 214 posts Report post #97 Posted December 7, 2018 Brother est l'unité attaquante, sister celle qui "assiste" l'attaquant.. (ego…) Pour la Royale, vu que les noms des bateaux sont la plupart des "hommes célèbres" ca vient peut-être de la.. Effectivement on embarque sur la frégate Cassard , on est sur LE Cassard.. De même qu'on dit armée de l'air / armée de terre / Marine nationale (on dit pas armée de mer) . Un bâtiment plutôt qu'un navire etc etc les matafs ont leur propre dialecte.. Share this post Link to post Share on other sites
bjp Players 158 posts Report post #98 Posted December 7, 2018 pour les anglais se serai pas plutot du aux "HMS" suivi du nom du navire HMS pour Her Majesty Ship Share this post Link to post Share on other sites
Biloute29 Players 214 posts Report post #99 Posted December 7, 2018 Si , pour les ships de la Couronne , en Australie , NZ etc etc c'est similaire. Pareil en Hollande etc Share this post Link to post Share on other sites
[CHATS] gobolino Privateer 7,745 posts 14,876 battles Report post #100 Posted December 7, 2018 Il y a 1 heure, bjp a dit : pour les anglais se serai pas plutot du aux "HMS" suivi du nom du navire HMS pour Her Majesty Ship HMS n'a rien à voir avec le genre des navires.... HMS est valable pour le roi ou la reine (Hi / Her Majesty Ship) Georges V était le roi lors de la 2ème Guerre (Elisabeth était bien jeune alors) et les navires anglais était toujours une "Lady" ... la tradition de 300 ans d'histoire est lourde. Share this post Link to post Share on other sites