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Forgotten Legend - Forza Italiana, classe Littorio (2/3)

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ATTENTION

l'article que vous allez lire contient
DE LA TECHNIQUE

vous êtes prévenus.

 

Voici venue la partie deux de l'article que vous attendiez tous ! (ou peut-être pas. J'en sais rien, je me demande encore qui sera assez fou pour aller jusqu'au bout).

La dernière fois nous avons parlé de ce qui a amené Littorio à exister politiquement, puis de ses canons, principaux, secondaires, anti-aériens. Nous avions conclus que sa puissance de feu était vraiment très bonne et que son armement anti-aérien n'avait comme seul défaut que de ne pas avoir été amélioré pour suivre les tendances. Maintenant grosse question :

est-ce qu'elle a l'armure pour justifier tout ça ? Nan pasque un navire qui inflige de lourds dégâts sans armure on appelle ça un destroyer japonais. Un cuirassés ça doit pouvoir encaisser. Et pas que les obus ! Les bombes aussi ! Les torpilles ! Combien de dégâts Littorio peut-elle se prendre ?

Eh bien commençons ABSOLUEMENT PAS PAR CA ! Nan, d'abord c'est la partie histoire et revenons rapidement sur la triste carrière de ces cuirassés.

...
Par triste, je veux pas dire, euh, dramatique ou quoi. Nan je veux dire triste à en mourir d'ennui.

 

Sommaire :

Spoiler

Article 1/3 :
H1/ Brève vue d’ensemble historique

            A/ Deleuze & Strasbourg

            B/ Designs Préliminaires et Modifications

T1/ Armement

            A/ 381/50 Ansaldo Mod.34
            B/ 152/55 Ansaldo Mod 34
            C/ AA Suite : 90mm et MG AA

 

Article 2/3 : (vous êtes ici)

H2/ Carrière, classe principale
            A/ Vittorio Veneto
            B/ Littorio

T2/ Protection

            A/ Atteindre la cita si vous êtes un obus

                          1- Par la Ceinture Principale

                          2- Par la Ceinture Supérieure
            B/ Dans le cas où vous êtes une bombe ou une torpille

                          1- Par le Pont

                          2- Pugliese

 

Article 3/3 :

H3/ Carrière, sous-classe Impero

            C/ Roma
            D/ Impero

T3/ Misc
            A/ Machinerie & Endurance
            B/ Les trois gouvernails

            C/ EC-3 Bis et Ter
            D/ Ro.43 & Ro.44

            E/ Autre (coût, équipage, optiques…)

III/ Bilan / Mais du coup, qu’est-ce qui a foiré ?

 

CseBPpUWYAAo3Zg.jpg

 

Oggi, rendiamo all'Italia la sua persa magnificenza ! 2/3
Classe Littorio

 

Histoire 2/ Carrière (Littorio/Vittorio Veneto)

 

a- Littorio

 

La construction de Littorio s’est finie le 6 mai 1940, et après quelques mois d’entrainement, elle a été envoyée avec sa sœur à Tarente. Ses deux premières opérations, l’interception des forces British lors de l’operation Hats et MB.5, se sont passées… Bah, disons qu’elles sont pas passées en fait que les Ritaliens n’ont jamais réussis à les trouver, les forces British. Ce qui est dommage vu qu’ils avaient envoyé à chaque fois genre 5 cuirassés, 10 croiseurs et tout le bordel autour.

 

Et juste après TARENTE. Le, euh, le fameux raid aérien nocturne de novembre – que j’aime affectueusement appeler « Le Pearl Harbor du pauvre ». HMS Illustrious (oui, juste elle) a envoyé 21 avions sur la flotte Italienne dans le port avec l’intention d’infliger de lourds dégats (tain on est loin des 300+ avions qui constituaient les raids du Pacifique… Je vous l’ai dit l’Europe c’est la tristesse niveau action).

Par manque de radar et le fait aussi que les ritaliens dormaient, ils ont été tellement pris par surprise qu’ils ont pris beaucoup de dégâts. Littorio s’est prise 3 torpilles, Dulio une, Cavour une autre. Bien qu’elle s’était pris une torp à l’arrière qui avait détruit son gouvernail principal, Litto était encore parfaitement capable de naviguer de son propre chef. Une autre a tapé dans Pugliese en infligeant des dégats superficiels ; la troisième en revanche lui a creusé un gros trou dans l’avant de la coque et couplé à des défauts de pompes et electriques, Littorio a continué à prendre l’eau sans pouvoir faire grand chose pendant six heures d’affilé, à tel point que le capitaine a judicieusement décider de l’échouer tant qu’il pouvait encore le faire. Grace justement à la présence d’esprit du capn Littorio « coula » par quelques mètres de fond (je sais pas si on peut parler de couler quand trois quart du navire dépassent encore de l’eau et que seul l’avant touche vraiment le fond.

Ya pas à dire c’était Lili la plus important dans le port donc les répa se sont concentré sur elle et en Mars 1941 elle était de nouveau opérationnelle.

 

Bon, du coup après elle a repris les opérations. En Aout, quelques sorties pour tenter d’intercepter des British, à nouveau sans succès. En septembre, pareil – cette fois ils ont trouvé un convoi escorté par Nelson, Rodney et Prince of Wales. Et le commandant ritalien voyant ce combat intense qui se dressait à l’horizon… pris peur et ordonna à ses navires de retourner au port.

BORDEL C’EST POUR CA QU’ILS ONT PERDU LA GUERRE LES RITALIEN ILS VOULAIENT PAS COMBATTRE ERFYCUBGFDEIUBC – bref.

 

APRES. En décembre ils sont allés essayer de choper un autre convoi avec sa sœur Viveneto, et c’était sur le point de réussir jusqu’à ce qu’un sous-marin torpille Vive et qu’ils décident donc de ramener la flotte entière au port avec elle.

Ensuite pendant une petite escorte de convoi, viens une rencontre avec un convoi british en sens inverse – cette fois-ci avec des coups de canons ! (sisi je vous jure) MAIS attention ! Pas… de trop près. Nan, on ouvre le feu à 32km. C’est largement suffisamment près. Bon, il va sans dire que la bataille a été d’un extrême intérêt et mis à part quelques ritalien qui ont eu l’audace de suffisamment s’approcher pour mettre trois near-miss, il ne s’est rien passé et les deux forces se sont enfuies.

Et le pire c’est que donc officiellement les deux camps ont « gagné » vu que leur objectif c’était pas autant d’empêcher l’ennemi de passer que de passer eux même.

 

HMS_Cleopatra_smoke.jpg

HMS Euryalus (premier plan) et Cleopatra (arrière plan) au début de la Seconde Bataille de Sirte

 

En Mars 1942, cependant, vint la seconde bataille de Sirte et pour une fois même si c’est comique par rapport à ce qui se trouve dans le Pacifique, il y a eu des dégâts. Et je vais même m’accorder une apparté sur celle là parce que le BIAS est total dans ce qu’on lis sur internet.

Grosso modo, c’est le même mode opératoire. Convoi british, grosse force italienne, cette fois ils osent s’approcher. Les British avaient sur le coup une quantité de croiseurs et DD parce qu’ils craignaient plus les attaques aériennes et de subs ; du coup quand ils ont vu la force italienne ils ont fait ce qu’ils font toujours : spammer la touche de la smoke. Sur TOUS les navires. Un vrai générateur de brouillard. Les DD British comme ils étaient courageux ils ont chargé les italiens et ça a pas marché ; le reste des navires s’amusaient à sortir de la smoke, tirer, puis rerentrer.

Dans la bataille, Littorio était le seul cuirassé. Elle a mis un obus juste à coté d’Havock que la détonation à tellement endommagée qu’elle a du s’enfuir de la bataille avec des dégâts tellement lourd qu’elle serait impotente lors du prochain raid aérien et coulerait sans autre forme de procès (comme quoi il y avait beau y avoir pas beaucoup de TNT dans les obus rital, visiblement y en avait assez). Elle a aussi mis un 381mm au travers de Kingston, allumant un feu dans ses moteurs et l’amenant à… l’arrêt complet. Ses splinters ont aussi percé et floodé un peu un troisième DD. Les croiseurs avec elles ont aussi endommagé légèrement trois navires de plus. Quant aux croiseurs british, Cleopatra a perdu un bout de son équippage à causes de 152mm de croiseur, Euralyus s’est fait starddle par Lili deux fois – autant dire que ça fait pas du bien – et ya Penelope qui a aussi été endommagé même si je sais toujours pas trop par quoi.

Bon. Voila ce qu’on lit souvent sur le sujet :

Cette bataille est une victoire britannique.

 

Spoiler

 

 

Les gars.

Les british ont perdu 2 DD de manière quasi définitive et qui n’auraient pas l’occasion d’être réparé, plus trois croiseurs et trois DD avec des dégâts variés, 39 morts, sans compter que privé d’une grosse tranche d’escorte, la moitié des navires du convoi ont été perdu à cause de raid aériens qui ont suivi, et des 24000t de marchandises diverses et variées sensées être livrées à Malte, seules 4500t sont arrivées. Et en retard. Sur des navires endommagés.

Les italiens ont pris :

Une bosse dans le flanc de Littorio à cause d’un obus de 120mm
Et un hydravion. Vide, tout seul, il a pris feu comme un grand. Aucun mort.

Je sais pas ce qu’il vous faut de plus. Mais là, c’est une victoire stratégique ET tactique italienne. Je suis désolé mais à des moments le bias British va trop loin.

 

Bref retour à Littorio ! Après Sirte, on a… encore une escorte de convoi, cette fois Vigorious. Lito & Vive avec quelques croiseurs sont tranquillement allées en mer, et les British tout paniqués ont envoyé raid aérien après raid aérien sans AUCUN succès. A, si, Lili s’est pris une bombe sur la tourelle en A. Qui est restée en service. Du coup les raids ont pas marché donc les british ont abandonné le convoi avant même de rencontrer les italiens. Ca n’a pas empêché les raids de continuer et une torpille de toucher Littorio, à laquelle Pugliese a résisté sans trop se poser de question.

 

Les six mois d’après… bah y avait plus de fuel. Puis les Italiens se sont rendus et après quelques bombes US en plus Italia et ses deux sœurs Vive et Roma ont navigué vers Malte pour être interné. Une Fritz X plus tard, Italia était à Malte où elle resterait jusqu’en 1947, où elle retournerait en Italie, serait offert en récompense aux US, qui ne prirent même pas la peine de l’amener chez eux pour la démanteler et décidèrent de la faire démanteler en Italie.

 

b- Vittorio Veneto

 

RNVittorio_Veneto-Battle_of_Cape_Spartiv

Vittorio Veneto pendant la bataille de Cap Spartivento (derrière elle, Giulio Cesare) 

 

Bon, je vais abréger Vive sinon ça va prendre des plombes. Vive donc, a participé à quand même une certaine quantité d'événements avec sa sœur. Du coup je vais vous faire la version abrégée : Vive, n’ayant pas été endommagée dans le raid de Tarente, a pu avec Giulio participer à la bataille de Cape Spartivento en novembre. N’ayez pas trop d’espoir c’est le même pattern : les italiens détectent les anglais, mais exagèrent la taille de la flotte et les rital prenant peur détalent comme des lapins. Vive n’aura que l’occasion d’endommager superficiellement un croiseur. Néanmoins, elle pourra quand même montrer au monde sa maîtrise de l’esquive en évitant un raid de torpilleurs d’Ark Royal (double combo !)

Après avoir été déplacé à Naples, à Sardinia, puis encore à Naples, Vive subit un nouveau raid aérien qui encore une fois sera incapable de lui infliger le moindre dégat (triple combo !). Giulio ayant eu moins de chance, ça faisait de Vive le seul BB opérationnel d’Italie à l’époque, les autres étant tous en répa. Heureusement pour eux les anglais se sont dit qu’ils allaient attendre un peu avant la prochaine bataille – histoire de mieux les humilier. Suivant, Cap Matapan.

 

Si la Seconde Bataille de Sirte était, désolé encore une fois, CLAIREMENT un victoire ritalienne, la Bataille de Cap Matapan c’est pas moi qui vais essayer d’argumenter : c’était une catastrophe italienne, ou une grosse victoire british si vous préférez.

Pour faire court, après une tentative rater d’encercler des croiseurs, Vive engage rapidement Orion aux canons lequel prend peur devant la puissance des 381mm et s’enfuit. Ensuite, un raid d’avions de Formidable tente une attaque sur Vive mais ne réussit pas une seule touche (quadruple combo !!!), juste un coup sur le moral qui convainc l’amiral à bord que c’est trop dangereux et qu’il faut se barrer. Sur le coup il avait un peu raison pasque les anglais étaient très déterminés à choper Vive : ils ont lancé d’abord des avions de Grèce pour les arrèter sans succès (QUINTUPLE COMBO !!!) puis un autre raid de Formidable qui parviens finalement (enfin !) à mettre UNE torpille sur elle (et encore le pilote s’est suicidé pour ça). Malgré des dégâts assez importants, Vive reprend la route pour la répa tandis que trois croiseur set deux DD se préparent à une bataille de nuit contre trois BB (traduction : les rital sont sur le point de perdre 75% de la classe Zara en une nuit).

 

Le reste, les interception de convois, le torpillage par Urge, vous en avez déjà entendu parlé et, quelques raid aériens ratés plus tard (reprise du combo~) et après même une attaque raté de sous-marins, armistice, Malte, Fritz, l’égypte, puis donnée aux British et démantelée.

 

Néanmoins si Vive a fini sa carrière ici, ses 90mm ont été démontés avant et donnés aux Yougoslaves. Et croyez-le ou non mais ces canons mêmes continueraient à servir jusque dans les années 90. Hell, il parait même qu’ils ont été importants lors de la bataille de Sibenik en septembre 91 !

 

Veneto_guns_at_Gaudos.jpg

Vittorio Veneto faisant feu pendant la bataille de Cap Matapan

 

Technique 2/ Protection

 

Je vais me permettre une petite citation (traduite par votre serviteur) d’une référence navale datant de 1945 et valable pour toute la guerre, le livre Américains intitulé « handbook of damage control ». Chapitre 1, page 10, 1-3

« Il faut garder en mémoire qu’aucun navire ne coule jusqu’à ce que des dégâts sous la ligne de flottaison se produisent »
Et 1-2 :

« Les causes principales de perte d’un navire sont :

1 – Les inondations, faisant que le navire se renverse, coule à pic, ou s’enfonce sur lui-même
2 – Des dégâts structurels énorme faisant se briser le navire (particulièrement pour les navires légers)
3 – des incendies, qui peuvent forcer à l’abandonnement du navire en infliger des dégats depuis l’intérieur, résultant en des inondations et/ou dégâts structurels
4 – une explosion d’un magasin de munition résultant, la plupart du temps, les trois situations précédemment mentionnées »

 

Excellente lecture qui était distribuée aux marins de l’US Navy, je vous la conseille, et c’est vrai qu’elle remet les choses en places pasque contrairement à ce que tonton FailGaming vous a dit, on ne fait pas couler un navire en lui rentrant une centaine d’obus AP dans le mat.

 

Bon. Tu veux faire couler un cuirassé. Quelles armes t’emploie ?
-Pew pew tu lui tires dessus jusquà ce qu’il se passe un truc (cad jusquà ce qu'un truc dedans explose)
-Plusieurs centaines de kilo d’explosif sous-marins et pugliese a qu’à bien se tenir
-Naviooooon et pis bombes dans le pont et pis explosion
-BANZAAAAAAAI

 

J’aurais du mal à qualifier la résistance de Littorio au 4è, mais les trois premier, on peut. La résistance aux obus était assurée par l’armure verticale (la ceinture, les bulkhead, les barbettes, tout ce bordel), dans une moindre mesure l’armure horizontale (le pont, les ponts au-dessus du pont et les ponts en dessous du pont), et aussi – c’est important de le préciser – l’eau, une défense que tous les navires partageaient. La résistance aux torpilles, c’était… bah la protection anti-torpille (duh) dans notre cas, Pugliese. Et la résistance aux bombes c’était l’armure horizontale (les ponts) avec dans une moindre mesure la protection anti-torpille (au cas où la bombe tombe à coté du navire et explose sous l'eau).

 

Bon, allons-y ! On a du boulot !

 

A/ Atteindre la cita si vous êtes un obus

 

Souvenez-vous, rien n’est simple quand on doit étudier le design des navires italiens…

Quand on vous balance une bombe ou des obus, son but c’est d’arriver sous la ligne de flottaison, déjà, et de préférence, dans un endroit bien sensible (la légendaire « citadelle »), comme les moteurs, les magasins de munition, ce genre de truc où une explosion en cause généralement une autre avec plein de trous pour faire rentrer l’eau en bonus.

Eh, sérieusement. C'était où la cita, ou sous la ligne de flottaison, ou bien tu mets le feu. Mais le reste ça fait 0 dégats point barre ou peu s'en fallait. Bienvenue IRL les gars. Smoke+SpamHE ici ça marche pas.

 

La résistance aux trous dans la coque et incendies sera évoqué dans la partie 3 quand on évoquera l'efficacité des damage control. Ici on essaye d'infliger un semblant de dégâts !

Du coup Question. Comment tu l’atteins cette zone magique ? Réponse : t’as cinq moyens. SCHEMA !

 

1524844227-side-armor-lili.png

Coupe du cuirassé Littorio, montrant la composition de l'armure

-En rouge, la ceinture principale et les parois associées
-En orange, la ceinture supérieure

-En jaune, le pont principal et protégé

-En vert, le système Pugliese

 

Coloriage by your truly.

Vous avez 5 chemins pour atteindre la zone dite de « là où on peut faire de vrais dégats »

 

Solution Rouge : c’est la plus directe, passez à travers la ceinture principale. Simple, concis, précis, même pas besoin de donner d’angle, vous pouvez y aller tout droit, la terre promise est juste derrière. Le bémol du plan : c’est la ceinture principale. Genre l’endroit le PLUS BLINDE du navire, enfin, souvent. Pour passer au travers de ce truc va falloir un sacré punch , quelque soit le navire. Et aussi donner le moins d’angle possible : si votre obus arrive penché, il va se frotter à une épaisseur augmentée et là plus rien ne passera. Point-blank donc, et que pour les plus gros canons.

 

Solution Orange : vous passez par la ceinture supérieure ! C’est tout bénef, elle est vachement moins blindé. Problème : il faut quand même passer le pont protégé. Autre problème : faut descendre. Mais si vous avez un angle trop vers le bas votre obus ricochera contre la ceinture supérieur. Et si votre angle est trop plat, votre obus ricochera contre le pont ! Et en cas d’angle optimal vous allez devoir percer beaucoup plus d’armure réelle que l’épaisseur directe des deux parois à franchir. Quel que soit la manière dont vous la prenez, vous êtes toujours perdant.

 

Solution Jaune : passez par le pont. Si vous êtes une bombe, c’est votre voie royale. Si vous êtes un obus, c’est moins sûr : oui, les obus pouvaient passer par là, mais leurs angles les plus avantageux étaient à plus de 30km. Dans les distances d’engagement classiques d’un combat navale où aucune touche n’a eu lieu à plus de 24km, vous partez avec un gros désavantage parce que vous attaquez le pont avec un angle quand même très important - trop ? On va voir ça après.

 

Solution Verte : passer par la protection anti-torpille. Hey, sérieusement, c’est goldé par-là : c’est vraiment pas blindé. Tout mou. Et puis la cita est juste derrière.
Le hic ? L’eau !

Ewi, généralement à partir du milieu/bas de la ceinture principale, il y a de l’eau. Et quand vous êtes un obus c’est pas pratique parce que vous allez perdre quasiment toute votre énergie à passer au travers de ça, et quand vous allez l’atteindre la protection, vous aurez autant de vélocité qu’une anémone de mer (une anémone de mer se déplace à raison de 2 mètres par heure. Zemoreyouknow). Pour ça que généralement, ou bien vous allez exploser à l’extérieur du navire (pas idéal pour un obus, on a pas inventé les torp pour rien) ou bien vous exploserez pas du tout.

 

Solution Bleu : … Par en dessous ?

Nan, sérieusement, je vais pas m'étendre sur le sujet mais c'est bon de le mentionner. Pourquoi pas ? C’est pas blindé. La cita est juste derrière. Ceux qui trouvent cette idée très stupide et qui pensent que je trolle n’ont pas l’esprit assez ouvert et c’est avec un esprit ouvert qu’on perce des défenses impénétrables ! Oui, il y a eu (majorité après la guerre mais pas que) des torpilles désignées pour exploser directement sous la coque. Ignorant purement la protection anti-torpille. Donc oui, si vous attaquez avec des canons, vous passerez pas par là. Mais avec des torp… Ca peut. Si elles sont modernes

 

Bref. Tout ce texte vous avance beaucoup je m’en doute mais ça ne répond pas à LA question : à quoi Littorio résiste ? Allez, commençons par le commencement. Vous êtes un obus.

 

1- La Ceinture Principale

 

Le seul truc qui attaque la ceinture principale c’est les obus (ni les bombes ni les torps passent pas là). Et comme la cita est vraiment derrière, il faut être sûr que rien ne passe.

Alors, je pourrais faire ça simplement, sommer les épaisseurs, et donner juste une valeur de blindage totale à comparer et basta. Mais si je le faisais voila ce que ça donnerait :

 

 

Navire

Ceinture

Bulkhead Longitudinaux

Turtleback

Total

Angle

Total réel à 0°

Total réel à 25°

Littorio

70+280

36

25

411

11 / 11 / 27

422

502

Richelieu

10+330

 

50

390

0+15 / 36

413

492

Yamato

410

 

 

410

20

436

576

Iowa

38+(22+307)

 

 

367

0+19

385

499

KGV

381

 

 

381

0

381

420

Bismarck

320

 

100

420

0 / 69

599

492

 

Voila. EST-CE QUE VOUS ETES CONVAINCUS ?

Pasque moi non. En lisant ce truc, la seul chose qu’on voit c’est :

-Yamato a une grosse ceinture
-KGV a une ceinture moisie

-Le turtleback à pointblanck il rocks

-Tout les autres ont une ceinture quasi identique

 

Sauf que grande news : c’est beaucoup BEAUCOUP plus compliqué que ça xD Pasque ya une grosse différence entre des armures comme celles de Yamato, et celle de Littorio.

Yamato a un bloc de métal de 410mm et c’est bouclé.

Littorio a une plaque de 70mm suivi de 250mm de mousse de ciment puis la ceinture de 280mm suivi de 1400mm plus loin une paroi de 36mm et encore beaucoup plus loin une autre paroi inclinée à l’inverse de 25mm.

Et à ce moment je vous vois vous demander « ouais, ça change quoi ? Suffit de faire le total d’armure ».

Nope, c’est plus tordu que ça. Petit retour histoire sur l’obus AP !

 

~Et maintenant, un cours rapide sur - l'obus AP~ 

 

Dans l’ancien temps (avant le XXè siècle) l’obus AP c’est un bloc de métal avec de l’explosif dedans, point barre rideau. Son fonctionnement est très simple : il compte sur sa masse pour « écraser » l’armure qu’il rencontre. Eh oui, c’est comme ça qu’un AP perce l’armure : pas d’artifice. C’est juste plus c’est lourd et ça va vite plus c’est capable d’écraser une grande épaisseur de métal, et avec assez de force il peut passer au travers.

Mais cet obus AP a de gros problèmes. Notamment, si t’es pas bien en face de ta cible, c’est le bordel. Quand il attaque une armure avec un angle, il est dévié, il ricoche, il perd en énergie, l’arrière va taper sur l’armure, il se brise, il explose pas, il reste coincé, et ça, à des angles au final assez faibles ce qui le rend difficilement puissant dans la vie de tous les jours.

Une révolution du début du XXè siècle va venir corriger ça. Voici un obus de Bislol pour illustrer :

 

no21987-German_38cm_apc.jpg

Schéma et semi-coupe d'obus AP de Bismarck ; source Navweaps.com

 

Le délire le plus important c’est ce truc appelé « armor-piercing cap ». Ce fameux cap à l’air de rien comme ça mais ça a tellement été une révolution qu’après un court temps TOUS LES AP de gros calibres l’ont eu. A tel point que chez les US ils ont fini par abandonner deux désignations différentes (AP et APC) et à décider qu’un AP avait forcément ce cap.

Il sert à quoi avec sa forme chelou ? Trois choses :

-Il augmente l’angle d’attaque de l’obus, diminuant drastiquement les ricochets ou un obus se brisant à cause d’un angle trop grand. Pour faire simple ce cap t’assure une belle attaque jusqu’à 45° - au delà il répond plus de rien par contre.
-Il répartit l’onde de choc lors du contact mieux sur l’obus, diminuant les chances qu’il se brise ou perde de son intégrité structurelle, et donc augmentant ses chances de pénétrer l’armure qu’il touche.
-Il applique une pression sur l’armure à l’impact, la rendant moins fiable et donc plus susceptible d’être percée lorsque le corps de l’obus appuiera à son tour.

 

~C'était - l'obus AP, par Last Butterfly~

 

Pour répondre à ce fameux cap, la plupart des pays se sont dit « bah il nous faut donc mettre beaucoup plus d’armure ». C’est une strat. Mais les allemands et les italiens, ils ont commencé à se poser des questions plus techniques.

 

Quand l’obus avec son cap rencontre une armure, il est d’usage que ce cap se brise et/ou soit détaché de l’obus après la pen. On s’en fout de toute façon si ça arrive, vu que tu auras déjà pen - en fait, c'était même prévu que ça arrive, et généralement, si le cap reste en place, l'obus a peu de chance d'exploser.

La strat : on met une plaque d’armure préliminaire qui a pour but de faire sauter le cap, et derrière, on met la vraie ceinture. L’obus arrivera contre sans son cap, donc il aura beaucoup plus de chance de ricocher, se briser, sans compter la puissance de pen qu’il aura perdu ce qui fait qu’un obus lourd pourra être arrêté par une armure moindre.

Est né le concept de « decapping plate ».

 

Il y a beaucoup de rumeurs à son propos et le sujet est très peu connu. La seule étude d’époque nous vient de traductions de tests et théories germano-ritaliennes ; la seule étude de nos jours est celle de Nathan Okun (enfin que j’ai réussi à trouver). Les résultats sont rares et parfois pas cohérent et il faut savoir faire la part des choses pour ne pas tomber dans les pièges à touristes (que sont les américains sur le coup).

 

Nathan nous a pondu ce tableau :

 

tech-085_Decap_pic.jpg

 

Keskivedir ?
En x, vous avez l’angle d’attaque. En y, c’est épaisseur de l’armure divisée par le calibre de l’obus qui l’attaque.

On va ignorer les types de cap ou quoi. Pour faire court, si épaisseur/calibre est supérieur à 0.17, le cap saute quasi toujours quel que soit l’angle.

 

Je pourrais vous détailler plus (c’est plus complexe que ça en fait) mais je vais juste vous mettre le lien de l’article et amusez-vous, moi je suis ici que pour Littorio :

http://www.navweaps.com/index_tech/tech-085.php

 

Si on en croit Nathan avec sa plaque de 70mm Littorio peut decap jusquà du 411mm !

Les tests italiens de l’époque sont moins concluants cependant - et plus pertinant vu qu'ils ont essayé en vrai. Quand ils ont testé ils ont remarqué que pour decap un obus de 381mm il fallait une plaque de 100mm et aussi 600mm de vide après pour que le cap ait le temps de se barrer complètement !

C’est beaucoup. Même beaucoup trop.

Ils ont donc cherché un moyen de réduire ces valeurs et là vient la mousse de ciment. Avec cette fameuse mousse dans l’espace de vide, ils ont réussi à réduire les valeurs de manières impressionnantes : pour decap un obus de 381mm il suffisait d’une plaque de 70mm suivi de 250mm de ciment, et enfin une plaque de 280mm pour l’arrêter complètement.

Tiens… Exactement les valeurs de la ceinture. Quelle coïncidence !

 

Et c’est de là que viennent les claim italienne comme quoi « Littorio était immunisée aux 381mm et en dessous ». Immunisée j’ai des doutes, mais les données d’époque et actuelle concordent à dire qu’aucun obus de ce calibre ou en dessous n’aurait pu passer la ceinture principale.

 

Quoi ? Vous vous attendez à ce qu’on passe à un autre endroit ? mais les gens je vous l’ai dit. La ceinture de Littorio est en quatre parties ! On vient de faire les deux première – la decapping plate de 70mm, et le bloc principal de 280mm. Il en reste de deux.

 

Ok, t’as un obus qui arrive à passer au travers de ce système ultra-compliqué. Après les 280mm, quel que soit l’issue du système d’avant, son cap est en miette et il a perdu une très grosse partie de sa vélocité principale. Parallèle à la ceinture, quelques mètres plus loin, il y a la troisième barrière. C’est une paroi de 36mm. Alors c’est sûr qu’après 350mm de système complexe ça a l’air un peu moins génial, et j’ai beaucoup entendu de gens me dire « si ça a passé les 350mm ça va forcément passer les 36mm »

Non, pas forcément. Un obus qui se déplace – qui plus est latéralement – a une énergie qui dépend grosso modo de sa masse et de sa vitesse. A chaque fois qu’il essaye de percer un truc (même l’air, on ça les frottements), il perd de l’énergie. Quand il doit percer une plaque de métal, il perd énormément très rapidement. Après une plaque de 350mm, le truc aura peut-être même plus assez d’énergie pour passer une simple vitre. Donc il n’est absolument pas forcé de pouvoir passer ces 36mm du tout, à moins qu’il ait conservé assez d’énergie.

C’est donc effectivement une troisième barrière à franchir qui consomme encore de l’énergie – et si t’en a plus, tu passes pas, tu t’arrêtes là, et ton explosion n’inflige qu’une toute petite fraction de dégâts de ce qu’elle aurait pu faire.

 

Bon. On va dire en face c’est Yamato ou Iowa. L’obus perce les 70mm, perce les 280mm, perce les 36mm. Il en redemande ! Eh bah on en a encore à donner ! Quatrième barrière, 25mm d’armure anglé à l’opposé.

Allez, je lâche la bombe :

C’est un turtleback les mecs.

« Mais last, il est ridicule, il fait que 25mm ! »

« Mais last, il est beaucoup trop vertical ! »

« Mais last, vfbrehierobzvuo richelieu est mieux ! »

Effectivement, c’est pas le plus clean ni le plus épais des turtleback, mais il n’empêche qu’il agit exactement comme tel. Et voici pourquoi :

 

Littorioarmour.jpg

Coupe de l'armure de Littorio avec trajectoire d'obus perçant la ceinture principal et le premier bulkhead

 

« Mais last les obus ça tourne pas ! »

Est-ce que vous connaissez le principe de la diffraction d’un rayon lumineux. Pasque là c’est pareil. Oui, les angles sur le dessin sont exagérés, mais l’effet est réel : quand un obus passe correctement avec un angle au travers d’une plaque d’armure il est dévié vers la perpendiculaire, et l’effet peut être très prononcé en fonction des circonstances – ce qui cause d’ailleurs des problèmes quand le virage fait que l’arrière de l’obus frappe quelque chose et que l’obus se brise. Quand l’obus arrive sur les 25mm, il aura un angle défavorable. C’est certes pas un turtleback aussi efficace que Bismarck et likes, mais comptez que votre obus est passé à travers un total de 386mm d’armure avant, a perdu quasi toute sa vitesse, et son cap sensé l’aider quand il prend une surface avec de l’angle il est réduit en formage rappé quelque part dans la mousse de ciment.

 

Je pense sincèrement qu’un 381mm, sensé être garanti de ne pas passer la seconde plaque, n’arriverait jamais au bout des 4 niveaux de protections. Désolé les gars. Si vous êtes pas US ou IJN, faudra passer par autre part que la ceinture. Là c’est inviolable. Et très honnêtement même un 406 ses chances sont ridicules. Faut vraiment être point blank est bien, BIEN en face. Et encore, j’ai des doutes. Nan faut être Yamato, c'est tout.

Sur le coup award de la meilleure ceinture principale là. Le seul truc qui résiste mieux c’est Bismarck à moins de 5km avec son turtleback ultra-plat.

 

2- La ceinture supérieure

 

Une fois de plus j’ai pas besoin de vous dire pourquoi je vais pas faire de comparaison avec les autres ceinture supérieures. Hell, ce serait encore plus dur, certains cuirassés n’avaient même pas de ceinture supérieur !

Nan, étude qualitative. Comment on la pen ?

 

Si vous passez par la ceinture supérieure, vous allez vous retrouver entre le pont protégé et le pont supérieur. Pour atteindre un semblant de cita il faudra donc encore traverser le pont protégé, de deux moyens :

Ou bien vous le traversez tôt, sur les bords du cuirassé, là où il est plus mince, mais il vous restera encore le bulkhead de 25mm après
Ou bien vous le traversez au centre du navire, la partie la plus blindée, mais il n’y aura plus de bulkhead après.

 

Ca c’est la théorie. En pratique, si vous passez par la ceinture supérieure, vous allez pas la pen la partie centrale. Accrochez-vous à vos cosinus, on va parler d’angle !

 

__littorio_kantai_collection_drawn_by_ha

Je savais pas quoi mettre comme images là alors j'ai mis ça

Pasta plz

 

La ceinture supérieure fait 70mm, même épaisseur que la plaque de decapping de la principale. Derrière, pas de mousse de ciment, mais plusieurs mètres de vide avant de toucher un pont. Pour faire court, la ceinture supérieure va decap quasiement tout, sauf peut-être les obus de Yamato, simplement parce que la distance entre elle et l’obstacle suivant est tellement grande que le cap aura largement le temps de sauter. Donc l’angle, qui est déjà très important, l’est encore plus, parce qu’un obus sans cap est EXTREMEMENT susceptible de ricocher ou se briser même à des angles pas énormes.

Prenons le second passage qu’on avait dit : on passe par le milieu du pont blindé. J’ai fait un rapide calcul géométrique pour déterminer l’angle minimal d’attaque sur le pont : en perçant la ceinture supérieure le plus haut possible et touchant le pont le plus tôt possible on se retrouve avec un angle d’attaque minimal de 63°.
Ca passe pas. C’est tout, il n’y a pas besoin de des poser la question super longtemps. Déjà même le cap il n’aide plus vraiment à la pen au dela de 45° ; en plus le pont protégé fait 100mm au centre (voir 150mm par endroit), avec l’angle minimal tu te retrouves à devoir percer au moins 220mm d’armure supplémentaire flat. Et enfin un obus sans cap il se pose même pas la question à un angle comme ça il se contente de, au mieux, s’écraser mollement le long de la surface.

Tu passes pas le centre du pont protégé après la ceinture supérieur. C’est tout.

 

Bon. Du coup solution deux, on passe le bord du pont puis le bulkhead. Le bord du pont protégé fait 90mm. Par contre, il est plus proche ; et donc il faudra attaquer la ceinture supérieure avec un angle défavorable. Mais plus votre angle d’attaque de la ceinture supérieure est favorable, plus celui sur le pont est défavorable ! Et inversement ! Vous savez ce que ça appel ? Des MATH !

 

Angle ceinture

Epaisseur réelle

Angle pont

Epaisseur réelle

Angle bulkhead

Epaisseur réelle

Epaisseur Totale

60.62

142.7

29.38

103.3

33

29.8

275.8

54.30

120

35.70

110.8

27

28.1

258.9

46.41

101.5

43.59

124.3

18

26.3

252.1

36.07

86.6

53.93

152.9

10

25.4

264.9

31.31

81.9

58.69

173.2

0

25

280.1

25

77.2

65

213

Low (<10)

~25

315.2

17.52

73.4

72.48

299

8

25.2

397.6

 

Et vous avez là une très grosse partie du panel d’angles possibles avec lesquels vous pouvez attaquer la ceinture supérieure et viser le bord du pont protégé.

Vous l’aurez compris, en dessous de 15°, c’est même pas la peine de penser à passer par là. Vous aurez entre 450mm et une infinité d’armure flat à passer qui va grandir très rapidement plus l’angle se réduit parce que vous toucherez le pont pratiquement à l’horizontale.

 

Donc on vise quand même un grand angle. A quelles distances on a un angle d’impact supérieur à 15° ?

Pour les canons les plus plat du monde (ceux de Littorio eux-même), ça ne sera pas atteint avant 23 kilomètres ! Bon, mais c’est ceux de Littorio. Quid d’un canon qui tire avec un grand angle ? Bismarck peut-être : un angle d’impact supérieur à 15° est atteint à partir de 20km environ. Iowa peut-être ? Un angle d’impact supérieur à 15° démarre vers 19km.

 

Pour faire court : en dessous de 18/20km, ne pensez pas à passer la ceinture supérieure. Votre angle sera trop défavorable quel que soit le navire.

 

Bon mais au dela. Qui peut pen ?

Alors, théoriquement un cuirassé, officiellement trois , officieusement deux.

Pourquoi "théoriquement un", pour le même délire que la ceinture principal - la decapping plate. Si on compare la puissance de pen des obus à l'épaisseur totale de l'armure avec des approximations à l'identique (puissance de pen optimale pour armure optimale) on obtient des petites fenètres de pen pour certains canons. Mais en réalité, en perdant son cap après être passé au travers, l'obus perd une grosse partie de sa pen et bouffe beaucoup plus dès qu'il attaque avec un angle, ce qu'il va forcément faire. Donc en théorie, le seul obus qui pourrait atteindre la cita depuis la ceinture supérieur est un obus qui a une chance de ne pas être décap par une plaque de 70mm. Autrement dit, un obus de 460mm.

 

Coté officiel, si on ignore le délire du decapping : pour être clair, Bismarck et KGV n’auront jamais, à cause de leurs angles d’attaque/pen, aucune chance de pen par là.

Iowa et Yamato ont des fenêtres, des fenêtres plus petites à des grandes distances (on part sur des distances où Iowa a moins de 8% de touche et où la zone à toucher représente moins d’un quarantième de la surface touchable. Pour vous dire l'improbabilité du truc), mais dans l’ensemble, si Littorio reste de flanc et ne donne pas d’angle latéral de plus de 20°, ils représentent un danger.

 

Richelieu c’est… Comment dire. Officiellement oui elle « peut ». Mais dans les faits… Faut que les planètes s’alignent xD. Pour faire court les valeurs de pénétration optimales de Richelieu sont dans une petite fenêtre à longue distance au-dessus du total d’armure à passer. Au-dessus, de quelques millimètres. Et on parle des valeurs de pen optimales, par temps clair à 20° à la surface, sur une Littorio très exactement de flanc, sur une toute petite zone à toucher, et on prie pour que l’obus soit sympas et soit pas trop dévié quand il passera au travers des 70mm.

Dans la théorie c’est possible. Dans la pratique, les conditions ne seront jamais réunies - et encore une fois avec le délire du decapping c'est complètement mort. Mais bon, quitte à être complet, je me devais de le mentionner.

 

… AH ! Oui, j’ai parlé d’angle latéral là récemment. Il va sans dire que j’ai assumé durant toute cette analyse que Littorio était exactement de flanc. Si elle s’angle à plus de 20°, là sa ceinture supérieure devient vraiment impénétrable (sauf pour Iowa qui a encore une infinitésimale chance de pen jusqu’à ce que Littorio s’angle de 30°).

 

WNJAP_18-45_t94_Willard_pic.jpg

Obus de 460mm, les seuls pouvant pénétrer l'armure verticale de Littorio de manière vraiment fiable et sans se remettre trop à la chance

 

B/ Au cas où vous êtes une bombe ou une torpille

 

1- Le pont

 

Bon. Les obus c’est bien beau, mais il va falloir parler d’un peu autre chose. Et vu qu’on attaque le pont, on va pouvoir parler d’un autre truc – les bombes.

 

Mais d’abord les obus. Cette grande légende d’un obus que touche la citadelle via le pont d’un navire.

Est-ce que c’est possible ? Alors, théoriquement, oui, bien sûr. Dans les faits, cependant, c’est très, très peu probable.

Réalisez à nouveau que l’angle est un truc très important et que s’il est supérieur à 45°, les chances de pen sur une plaque un minimum épaisse sont vraiment très limités quel que soit l’obus. Le truc, c’est que toucher le pont avec un angle de moins de 45° c’est… quasiment impossible en fait.

Prenez Iowa encore une fois qui a de très très grands angles. Elle touche le pont à 45° qu’au-delà de 36km – et sa distance de tir maximale je rappelle que c’est 38km. Il y a 80s de temps de vol à une telle distance, et ses chances de toucher sont inférieures à 1%. Et les autres cuirassés, pour la plupart – Richelieu, Bismarck, Yamato… - ils ne toucheront simplement jamais le pont à 45° du tout.

Partant de là, le pont protégé blindé de Littorio offre, en ignorant les couches successives de ponts intermédiaires, entre 190 et 300mm de défense minimum. Les chances de toucher sont déjà infinitésimales, celles de pen avec un angle qui sort de ceux que le cap assure le sont aussi. Multipliez les deux, et vous obtenez les chances d’endommager sérieusement Littorio par le pont avec des obus. Rien ou peu s’en faut, et le peu s’en faut vaut seulement pour Iowa. Et peut-être Yamato à 40km, mais pour toucher à 40km, là, ce qu’il vous faut, c’est plus un radar ou une dispersion nulle, c’est un dieu qui guide votre obus.

Mais bon après tout est possible, Duke of York a bien fait passer un obus de 356mm à travers un joint entre deux plaques d’armure d'un navire, donc bon…

 

Du coup encore une fois la vraie question, quand on parle du pont, ce sont les bombes.

Est-ce que des bombes peuvent pen le pont ? Réponse :

J’en sais rien.

Il n’existe pas de valeur de pen pour les bombes, et de ce que j’ai lu, c’est très variable. Donc je vais avoir du mal à vous dire si le pont de Littorio était capable ou pas de résister à ces trucs qui tombent du ciel et il faudra se référer aux études de cas pour ça. En revanche, ce que je peux faire, c’est comparer le blindage de pont de Littorio et des autres cuirassés.

 

Littorio a un pont supérieur de 45mm et un pont protégé de 100mm au centre, 90mm sur les cotés. Le pont principal passe à 150mm au dessus des magasins. Ajoutez 14mm de pont principal intermédiaire. Ce qui fait un total de 145mm au dessus de la machinerie et 195mm au dessus des magasins.

Comparons !

 

Navire

Supérieur (machinerie)

Supérieur (magasins)

Principal (machinerie)

Principal (magasins)

Protection supplémentaire

Total

Littorio

45

45

100

150

14

159-209

Bismarck

50

80

80

95

N/A

130-175

Richelieu

N/A

N/A

150

170

40

190-210

Iowa

38

38

152

152

16-25

206-215

Yamato

35

50

200

230

10

245-290

KGV

N/A

N/A

127

152

N/A

127-152

 

Si l’on excepte Yamato qui est énormément blindé et KGV qui a un pont assez minable, la protection au dessus des magasins de munition est similaire pour tout le monde. Littorio, avec ses 160mm, est entre Bislol/KGlol, qui ont la plus faible d'environ 130mm, et Riri/Iowa qui montent à 200mm, quant à la protection au dessus des moteurs.

 

Mes sources me disent qu’il était commun pour des bombes de 900+kg AP de pen ces ~210mm de blindage, ce qui veut dire que mis à part les petites bombes, seul Yamato peut prétendre à une vraie défense.

 

Bon, ça c’est la théorie. En pratique, ça donne quoi ?

 

1524845541-romadamaged.png

Roma, après s'être pris les Fritz X et en train de sombrer

 

-Premier cas : Juin 1942

Une bombe de 250kg est tombée sur Littorio. Pas de chance pour nous, elle est pas tombé sur le pont mais sur le bord d’une tourelle, laquelle est restée complètement opérationnelle et n’a pas nécessité de changer des plaques d’armure.

Bon les tourelles était bien défendues mais ça nous avance pas.

 

-Avril 1943. Littorio a été touchée par une bombe AP de 900kg. Sur… une tourelle.

CA AIDE PAS.

Enfin, si, pour voir que les tourelles de Littorio en ont rien à carrer des bombes, puisque bien qu’elle ait subit des dégâts structurels assez grand, la bombe a pas pu pen, et la tourelle était encore fonctionnelle, tournait, chargeait, tirait comme avant.

 Je passe aussi sur les deux bombs incendiaires qui ont pas pen grand-chose mais on s’y attendais un peu…

 

Au final, pour Littorio le seul cas d’une bombe qui touche le pont c’est la Fritz X en septembre 1943. 1500kg, elle tape sur le bord du navire, avec un angle, perce le peu de pont qu’il y avait à cet endroit – 50mm max – puis la ceinture supérieure et sort du navire pour aller exploser sous l’eau juste à coté.

Pas grand-chose à dire si ce n’est qu’on pouvait s’y attendre, à ce qu’on bombe comme ça perce le pont supérieur.

 

Donc… Pas d’étude de cas possible. WAIT ! Tout espoir n’est pas perdu : Littorio a des sœurs !

 

-En Avril 1943, Vittorio Veneto s’est pris deux bombes AP de 900kg. Et dans le pont !

Bon la première elle a taper la partie avant, genre, vraiment devant. Largement devant la tourelle A. Donc y avait pas grand-chose à percer, 70mm d’armure au total max. Elle a traversé le navire et a explosé en dessous.

La seconde bombe nous aide plus pour voir que comme le disaient mes sources, une bombe AP de 900kg pen pas mal. Elle est passée à travers le pont supérieur, principal, puis protégé, avant de rebondir contre la ceinture principale, de rentrer dans pugliese, et de le percer de part en part. Perçant au total 204mm d’armure.

 

Welp. Au final, on peut en conclure que - quoi ? Vous voulez que je vous mentionne aussi le bombardement de Roma ? Mais quel intérèt…
Bon, c’est vous qui voyez.

 

-Roma, septembre 43.

Deux Fritx X d’une tonne cinq chacune. Elles sont passées au travers de tout.


Voila. J’ai pas grand hose d’autre a dire. Encore une fois les mecs des bombes comme ça elle s’en foutent du pont de ton navire. Elles passent à travers tout. C’est pas Littorio qui va faire exception xD

 

Du coup pour faire court : le pont était classique, de quoi se défendre contre des bombes petites et moyennes (jusquà 800kg). Les magasins étaient bien protégés et plus difficile d’accès même pour les bombes d’une tonne. Mais au dela, bah, ça passe. Et c’est pas très étonnant. Si ya vraiment une faiblesse particulière qu’on peut noter c’est les machineries, atteignables par des bombes de 900kg, et au final moins bien défendues que Richelieu/Iowa/Yamato.

 

2- Pugliese

 

Allez me faites pas croire vous l’attendiez pas. PUGLIESE ! La défense anti-torpille la plus connue du monde (sérieusement, citez-moi le nom d’une autre défense anti-torpille. HA ! Jokes on you !), et qui a attiré beaucoup de curiosité dans le monde (certaines nations l’ont convoité, d’autres acheté, d’autres volé) à l’époque.

De nos jours ? Bah, suffit de taper un truc du genre « Pugliese system efficacity » sur internet et vous serez vite fixés sur la réputation catastrophique du truc. Allez, c’est le passage « rétablir la vérité » !

 

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Schéma de fonctionement théorique de Pugliese

 

C’était quoi l’idée générale de ce cylindre ? Grosso modo, le truc est entouré de liquide (de l’eau ou du fuel). Le cylindre était sensé absorber la force d’une explosion et se sacrifier afin que le bulkhead intérieur ne prenne pas ou peu de dégâts.

Le système possède ses propres avantages et inconvénients. Il est intégré à la coque, ce qui signifie qu’il n’y a pas de protubérance massive vers l’extérieur, permettant au navire de garder son aérodynamisme maximal ce qui était une grande force de Littorio. Néanmoins, il est intégré à la coque signifie aussi qu’il faut qu’il y ait la place dans la coque, donc il faut prévoir le système dès la conception et tenter de l’ajouter par-dessus une coque déjà existence non prévue pour ça résultera en un échec.

Deuxième « défaut » : seule la moitié centrale du navire est couverte de manière optimale par le système – donc, la citadelle. L’avant et l’arrière sont relativement peu ou pas du tout protégé contre les torpilles et explosions sous-marines. Un défaut partagé dans une mesure par tous les systèmes anti-torpille, mais que j’ai tenu à noter parce qu’il est important (dans une mesure, parce que certains couvrent plus de surface, d’autres moins, mais aucun ne couvre toute la longueur d’un navire).

 

Bien. Quoi qu’il en soit, la vraie question. Etait-il efficace ?

Etude de cas !

-Et on va commencer par Littorio à Tarente. Pour ceux qui situent pas, allez relire la section historique. Gros bombardement de la RM, torpilles, tout ça. 

Littorio a été touchée par 3 torpilles ce jour-là. Le jour où elle a « coulée ». La première l’a touchée vers l’avant entre les tourelles A et B, à la limite du système Pugliese mais toujours dedans. Elle a creusé un gros trou de 10*7.5m dans Pugliese et a tordu le plating extérieur autour sur une zone de 12*9m. Néanmoins, le bulkhead derrière Pugliese a tenu le coup et n’a pas cédé même s’il a été déformé. Le système a rempli son rôle à la perfection, et les dégâts étaient mineurs. Aucune inondation notable n’a été enregistrée.

La seconde torpille l’a touché à l’arrière, à l’extérieur du système, et n’est donc pas pertinente pour l’étude de son efficacité. Néanmoins pour être complet : un trou de 7*1.5m a été créé, déformation avec, l’hydravion a sauté de sa catapulte laquelle a été endommagée par le choc, et le gouvernail principal a été rendu inopérant ; mais aucune inondation grave n’a été enregistrée et les gouvernails latéraux ainsi que les hélices sont restés en état de marche, ce qui permettait toujours à Littorio de naviguer normalement.

La troisième torpille, elle elle vous intéresse hein ? La torpille fatale. Elle a explosé à l’avant, sur une zone déformée par l’onde de choc de la première, et… à l’extérieur du système de protection.

 

La raison principale pour laquelle Pugliese n’a pas marché sur cette torpille là c’est parce que Pugliese n’a pas été touché par cette torpille-là.

Ensuite, pourquoi Littorio a eut des problèmes avec, c’est la combinaison du fait que la coque était déjà endommagée par le choc de la première torpille, le défaut de répartition du circuit électrique qui a empêché l’activation des pompes, la position des générateurs, et la mauvaise résistance des conduits électriques et de ventilation à l’eau. Plein de défauts mineurs accumulés sur lesquels je reviendrai en partie 3 ainsi que sur leurs possibles corrections implémentées après l’incident si elles ont eu lieu.

 Mais ici on veut parler de Pugliese ! Et Tarante ne nous apprends rien si ce n’est que Pugliese fonctionnait comme demandé, protégeant les zones sensibles devant lesquelles il était installé du choc et des inondations.

Bon, c’était un coup. Est-ce qu’on en a d’autres ? Oui !

 

-Septembre 1943, Golf d’Asinara. La fameuse bombe Fritz X est passé au travers, quasi en diagonal vu qu’elle a percé la ceinture supérieure aussi, d’Italia et a explosé à six mètres de la coque. Deux sections entières de Pugliese ont été complètement détruites, déchiquetées, annihilées. Une autre a été endommagé sévèrement ; et une certaine quantité se sont mis à avoir des inondations.

Pour faire court, Pugliese a bien bouffé avec l’explosion de cette bombe. Genre, BEAUCOUP. Mais seulement Pugliese : toutes les inondations ont été limité aux blisters et rien dans les zones protégées. L’armure et le bulkhead interne étaient complètement intacts.

 

D’autres moments ? Ouais, j’en ai encore.

-Vittorio Veneto cette fois, décembre 1941, torpillée à l’extrême limite du système, tout à l’arrière, par le sous-marin Urge. L’hydravion a sauté de sa catapulte (tain les mecs faudra l’accrocher un peu mieux, ça fait deux fois là). Une partie de l’explosion a été contenue par le système et de nombreux compartiments de Pugliese ont été inondés. Certaines compartiments internes ont été inondés, le plus important étant probablement le magasin de munition de la tourelle X et de tourelles de 152mm. Malgré ces dégâts ayant partiellement contourné le système Pugliese, le navire pu continuer à 23.5kn et parvint à utiliser ses pompes pour rapidement réduire la quantité d’eau prise à bord. La réparation prendrait à peine 2 mois.

Réussite donc partielle de Pugliese qui à son extrémité à pu mitiger les dégâts mais pas les prévenir complètement cette fois.

 

-Une dernière pour la route, spéciale cette fois, sur Giulio Cesare. On est donc sur un Pugliese moins efficace, aux dimensions non optimales et probablement mal installé, mais quand même présent. Une bombe de 250kg a explosé à 4m de la coque, dans la zone d’action de Pugliese. Le système a pris de lourds dégâts et plusieurs compartiments ont été réduit en miette mais la paroi derrière est resté intacte. Encore un succès pour Pugliese !

 

danni-al-sistema-pugliese-giulio-cesare.

Dégats aux système Pugliese de Giulio Cesare après l'attaque. Image de stefsap.wordpress.com

 

Pour faire court, par étude de cas, Pugliese a toujours été efficace et a effectivement protégé le navire de tout dégât majeur, et les compartiments derrière d’inondations et autre. Certes, ce n’était pas un système magique qui résistait à tout et quand quelque chose explosait contre lui Pugliese bouffait cher. Mais il était efficace et fiable, et son seul défaut était finalement de ne pas couvrir tout le navire en longueur.
Sur le coup, les systèmes de défense de torpille sont très mal jugés. Vous voulez des mauvais systèmes ? Allez dans le pacifique. Prenez Iowa et Yamato. A coté de défenses comme celles de Richelieu ou Littorio, les Blisters du pacifique faisaient pitié.

 

Ah, dernière question. Pourquoi, si Pugliese était « juste bon » mais pas excellentissime, est-ce souvent qualifié de révolution ? Facile. Pourquoi Fubuki était une révolution ? Fubuki était pas le meilleur DD en 39/45. Y avait Fletcher, yavait Yuugumo et Akizuki, y avait les Battle, Tashkent et Fantasque. Pourtant la révolution c’est bien Fubuki. Parce qu’elle est arrivée en 1928, bien avant. C’était une révolution pour son époque.

Ca vous aide pas ? Allez, deuxième indice. Si je vous dis que Pugliese a été drafté en 1917, vous saisissez ? xD La révolution c’est qu’un système si ancien soit aussi bon voir meilleur pour certains que les plus modernes créés dans les années 1930.

 

 

Conclusion sur les défenses de Littorio :

 

Bon avant toute chose :

-Pourquoi j'ai pas parlé de la qualité du métal ?

Parce que c'est impossible à juger et à comparer à mon niveau. Je vais juste pointer du doigts que Nathan Okun, l'expert en blindage de navire de la WWII, a dans un TRES LONG ARTICLE disponible sur navypedia qualifié l'acier du blindage des cuirassés Italien du "meilleur acier de son époque". Histoire de dire.

Mais comme je peux difficilement argumenter ou comparer ça je vais me contenter de citer l'expert et de m'en tenir là.

 

Wow. On a fait du chemin !

Bref, du coup, au final, les défenses de Littorio elles étaient très bonnes.

Question vertical : sa ceinture employait une technique très spéciale et révolutionnaire et était probablement la plus impénétrable des ceintures de cuirassé de son époque, même devant Yamato. La ceinture supérieure, en condition réelle, il n'y avait guerre que Yamato pour pouvoir la passer de manière fiable, et même en conditions optimales, les fenêtres sont ultra-minces et à très longue distance.

Question horizontal, son pont était dans la norme, c’est-à-dire à l’époque résistant mais sans plus, et on peut considérer que c'est la partie "la plus faible" de son armure, en gardant en tête que la plus faible est pas si faible du tout pour l'époque. 

Et son système de défense anti-torpille était fiable à souhait, ni la révolution ni l’échec que la plupart des gens décrivent, mais bon et si pas autant que certains (Richelieu) clairement meilleur que d'autres (Iowa/Yamato).

 

Littorio n’était pas invincible. Des coups au torpilles sur les extrémités du navire, des torpilles magnétiques, des bombes lourdes lâchées depuis très haut étaient ses principales menaces sérieuse (surtout les deux dernières) – venant la plupart du temps des avions. Mais dans l’ensemble, sa résistance était excellente, particulièrement aux obus, et il fallait une certaine quantité de dégâts bien placés avant de la faire couler.

 

Ah, et comme je l’entend déjà : « Mais Roma » oui, Roma. Roma a eu une détonation d’un magasin ET de la machinerie causé par une bombe très lourde lâchée depuis très haut. Ça arrive à tout le monde. Je suis sûr que vous joueurs de wows pouvez comprendre ça...

 

Bref. Maintenant qu'on a vu que Littorio frappait très fort et encaisser très bien, il nous reste à nous poser les questions suivantes : ET LE RESTE ? Peut-être sa réputation horrible provient du reste !

Peut-être que ses optics sont catastrophiques et rendent ses canons inutilisables !

Ou que son équipage est incapable de faire du damage control et coule au moindre trou dans la coque et au moindre petit feu ?

Elle a eu un radar dans sa vie ; était-il bon ?

Et son hydravion ?

Et puis, combien coûtait-elle ? Peut-être que ses avantages coûtaient beaucoup trop cher pour leur effet !

Et son moteur - après tout on sais tous que les italiens avaient des propulsions capricieuses qui duraient vraiment pas longtemps et dont l'endurance était une faiblesse.

Et tant qu'on y est, ce quintuple combo d'esquive de Vittorio Veneto, prouesse technique du gouvernail ou juste des anglais bigleux ?

 

Tant de chose à couvrir, si peu de temps ! Dans le prochaine article, tout ça, et plus encore, parce qu'on va se permettre de toucher un mot - oh, bien court ! - sur Roma et l'élusive quatrième sœur, Impero...

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Merci.

 

Avec toi au moins, même si on saigne des yeux sur tes fautes/autres, c'est aux antipodes de...je vais pas en dire plus. :cap_look:

 

Spoiler

Vous savez qui. :Smile-_tongue:

 

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L'article d'Okun sur navweaps ne parle pas vraiment d'acier italien comme "le meilleur" hein. Il dit qu'il fait partie des meilleurs disponibles.

http://www.navweaps.com/index_nathan/metalprpsept2009.php

 

 

En fait c'est moins l'acier lui-même, que la manière dont il est traité et préparé. Mais de son article, si tu regardes les coefficient de qualité qu'il donne aux armures post-1930 moi j'avais vraiment France/Italien assez équivalents, Iowa et NorthCal juste derrière ou équivalent, puis les anglais, puis les allemands; puis South Dakota (mauvais design de l'acier par les ricains qui sont partis dans le mauvais raisonnement) puis loin derrière les japonais et les vieux design d'avant 1930.

 

Pour les français il dit surtout ça :

Quote

French World War II-era armor test results (I have a couple) give their face-hardened armor a perfect fit (my formulae give the exact (!!) complete penetration velocities found in the tests) for an armor of the best World War II-era plate quality using the 35% face of original German KC armor (i.e., Krupp World War II KC n/A with a Krupp World War I-era KC a/A face depth).

 

Pour le Pugliese, tu as oublié trois faiblesses importantes du système :

- Un véritable cauchemar à entretenir. Et encore plus à remplacer après avoir été crevé par une torpille. En fait le Pugliese est une forme d'armure réactive. Le problème c'est que la "protection anti-torpille jetable" ça fait quand même cher. xD

- Lié au problème précédent, n'est absolument pas prévu pour prendre des coups multiples. Déjà que Yamato a pas trop aimé manger quatre torpilles proches, elle les a bien mieux encaissé que le Pugliese l'aurait pu.

- Le Pugliese était dimensionné pour une charge d'explosif maximale. C'était plus ou moins censé tenir une torpille contemporaine à la construction de Lili. Comment dire qu'elle a eu de la chance que ce soit les japonais qui ont développés la Type 93 et pas les anglais ou les US. :cap_haloween:

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1 hour ago, ShinGetsu said:

L'article d'Okun sur navweaps ne parle pas vraiment d'acier italien comme "le meilleur" hein. Il dit qu'il fait partie des meilleurs disponibles.

http://www.navweaps.com/index_nathan/metalprpsept2009.php

 

En fait c'est moins l'acier lui-même, que la manière dont il est traité et préparé. Mais de son article, si tu regardes les coefficient de qualité qu'il donne aux armures post-1930 moi j'avais vraiment France/Italien assez équivalents, Iowa et NorthCal juste derrière ou équivalent, puis les anglais, puis les allemands; puis South Dakota (mauvais design de l'acier par les ricains qui sont partis dans le mauvais raisonnement) puis loin derrière les japonais et les vieux design d'avant 1930.

 

Ah je sais pas moi je me permet juste de citer Okun lui-même et en langue originelle :

http://www.navweaps.com/index_nathan/metalprpsept2009.php#Italian_Post-1930_Terni_Cemented_KC-Type_Variable-Face-Thickness_Armor

"The basic plate steel quality is higher at 0.98 than British World War II CA, too, which makes it the best battleship-grade face-hardened armor made in World War II! Very well thought out."

 

Pour moi ça veut dire que c'est le meilleur. Mais encore une fois le sujet est beaucoup trop complexe et mon article beaucoup trop long c'est pourquoi je suggère à quiconque intéressé précisément par les qualités de lire l'article d'Okun.

Et cela dit en passant fait attention à ce qu'Okun dit des Français, il admet lui-même que les données sont très rares et donc très théoriques et moins précises.

 

1 hour ago, ShinGetsu said:

- Un véritable cauchemar à entretenir. Et encore plus à remplacer après avoir été crevé par une torpille. En fait le Pugliese est une forme d'armure réactive. Le problème c'est que la "protection anti-torpille jetable" ça fait quand même cher. xD

Je parlerais du damage control et des temps de répa en partie 3 mais je vais quand même me permettre deux commentaires :

-Les temps de réparation de Pugliese étaient en réalité surprenamment courts par rapport à ceux d'autres navires touchés par des torpilles.

-Toutes les protection anti-torpilles étaient jetables Shin. Et ça vaut encore plus là :

1 hour ago, ShinGetsu said:

- Lié au problème précédent, n'est absolument pas prévu pour prendre des coups multiples. Déjà que Yamato a pas trop aimé manger quatre torpilles proches, elle les a bien mieux encaissé que le Pugliese l'aurait pu.

Non, Yamato aussi n'était pas faite pour prendre plusieurs torpilles au même endroit, ni Richelieu d'ailleurs. N'importe quel cuirassé. Oui, Yamato a bouffé plein de torpilles sur la même face. D'ailleurs elle a coulé. Si jamais ça t'avais échappé. Et je peux te promettre qu'après la troisième il n'y avait plus rien entre la torpille et les parois internes. Aucun blisters n'étaient faits pour prendre plusieurs coups. A l’extrême limite, les meilleurs pouvaient prendre 3 torpilles aériennes de la première moitié de la guerre au même endroit mais c'était tout.

Faut quand même rappeler que le but des blisters c'est trois choses :

-Protection contre l'onde de choc des éléments derrières

-Protection contre les inondations des éléments derrières

-Stockage et stabilité

Et je peux te promettre que sur le coup Pugliese est parfaitement dans la norme, à savoir : oui, si tu frappes au même endroit plusieurs fois la troisième fois c'est les compartiments derrières qui se prennent l'explosion.

 

1 hour ago, ShinGetsu said:

- Le Pugliese était dimensionné pour une charge d'explosif maximale. C'était plus ou moins censé tenir une torpille contemporaine à la construction de Lili. Comment dire qu'elle a eu de la chance que ce soit les japonais qui ont développés la Type 93 et pas les anglais ou les US.

 

350kg de TNT plus ou moins. La charge d'une torpille British, ou - coïncidence - d'une Fritz X. Et encore, la torpille d'Urge sur Vive, c'était 320kg de torpex soit 416kg de TNT, et Pugliese a bien mitigé l'effet de la torpille. Le système a prouvé que la charge maximale qu'il était sensé protéger était toute relative.

Cela dit en passant très rares - en fait j'en connais pas - étaient les cuirassés à avoir des protections sensées défendre contre plus de 400kg de TNT. Pour la simple et unique raison que la seule torp plus puissante était japonaise et que personne n'en avait conscience à l'époque mis à part les japonais. Un protection théorique maximale de 350kg au début de la guerre te protégeait contre les torpilles aériennes, sous-marines et de surface du Royaume Uni, d'Amérique, de France, d'Italie, de Russie, de Suède et de tous les pays qui achetaient ou utilisaient ces torpilles. Même l'Allemagne n'a pas eu en service une torpille à équivalent de TNT 450+kg avant 42/43.

 

(Ah et cela dit en passant vu qu'il faut garder à l'esprit que Littorio était sensée opérer uniquement en méditerranée je trouve que ça aurait été déplacé de l'immuniser contre les Long Lance. Fin, déjà ils étaient alliés, et ensuite littéralement à l'autre bout du monde - et le japon n'en avait rien à faire de l'Europe xD)

 

Sur le coup de la valeur de protection, non seulement c'est peu pertinent en pratique, mais surtout elle est quasi identique chez tout le monde, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai préféré valoir la résistance de Pugliese à l'aide d'étude de cas d'impacts de torpilles historiques qui au moins nous montre précisément quel torpille/explosif et combien ou quand et comment ont quel effet sur le système, bien mieux que n'importe quelle valeur qualitative ou étude théorique.

 

 

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Le soucis du Pugliese en fait c'est qu'il se fait déchirer sur une plus grande surface par les torpilles qu'un système plus classique. Yamato a tout mangé du même côté parce que les ricains ont cherché spécifiquement à la faire chavirer en affaiblissant un unique côté. Elle s'en est mangée quatre ou cinq relativement rapprochée mais avec quand même une bonne distance entre elle. Et je pense que Pugliese se serait déchiré sur la longueur et aurait fait passe la suite aussi sec.

 

Vrai pour la protection jetable, je savais pas que le Pugliese était facile à remplacer, avais plutôt lu l'inverse.

Par contre je maintiens pour la maintenance du machin, ça doit être une horreur. xD

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58 minutes ago, ShinGetsu said:

Le soucis du Pugliese en fait c'est qu'il se fait déchirer sur une plus grande surface par les torpilles qu'un système plus classique. [...] Et je pense que Pugliese se serait déchiré sur la longueur et aurait fait passe la suite aussi sec.

 

J'ai pas eu l'impression en faisant l'étude. Voila une dessin des dégats pris par Littorio à taranto :

 

k44Wq90.png

 

L'impact à l'avant et celui à l'arrière sont ceux qui se sont passés à l'extérieur de Pugliese. Celui en 3è zone s'est passé à l'interieur de la zone protégée par Pugliese. Le système a bien tenu, ya de dégats que à l'endroit de l'impact, et plus petit que les dégats infligés à un endroit non protégé.

Fin bref, je peux pas t'assurer que ce que tu dis est pas vrai mais les impacts qu'elle a reçu tendent à montrer que c'est pas la généralité.

 

58 minutes ago, ShinGetsu said:

Par contre je maintiens pour la maintenance du machin, ça doit être une horreur. xD

 

Ca je t'avoue j'ai rien lu là dessus. Je sais même pas quel type de maintenance t'es sensé faire tant que le truc est intact, et même Bagnasco n'a pas ou très peu évoqué ce sujet en parlant de Pugliese. Donc je suis incapable de te répondre. Après j'ai quand même des doutes légers parce qu'il faut se rappeler que le cuirassé était spécialement conçu pour Pugliese.

 

En fait une grosse partie des critiques faites sur Pugliese se basent sur deux choses, la première une mauvaise analyse de l'attaque de Taranto où peu de sources rappellent que la troisième torpille n'a pas frappé le système, mais surtout, les gens prennent des faits vrais ou vérifiés sur Doria et Giulio. Ces deux vieux cuirassés n'étaient pas conçus pour Pugliese, alors ils avaient tout un tas de problèmes avec le système (joints défectueux, taille non-optimale = plus vulnérable, très difficile à réparer...) qui sont souvent attribué au système lui-même alors que les Littorio, qui eux étaient spécialement conçus pour ce système depuis le départ, n'avaient pas ces problèmes du tout.

 

En fait l'un des points qu'on peut le plus reprocher à Pugliese c'est que contrairement à beaucoup de système anti-torpille qui étaient, souvent, adaptables plus ou moins facilement, en principe, à d'autres coques, lui n'était absolument pas rétro-applicable. Il fallait concevoir le navire pour Pugliese ; essayer de l'insérer sur un coque existante était possible mais très difficile et avec de gros sacrifices/défauts.

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4 hours ago, Sana_Khan said:

Merci.

Avec toi au moins, même si on saigne des yeux sur tes fautes/autres, c'est aux antipodes de...je vais pas en dire plus. :cap_look:

ty

(désolé du dp, c'est trop le bordel d'insérer des quotes dans des anciens messages sur ce forum)

 

BTW si jamais t'a envie de me pointer une partie des fautes hésite pas je les corrige dès que je les vois. En fait je t'avoue que je l'ai relu en diagonale celui là, entre le fait que je l'ai écrit deux fois pasque le premier jet était moisi, et que faire la mise en page sur ce forum est toujours un bonheur (encore plus maintenant que quand tu veux mettre des couleurs il faut utiliser tes talents de prohackz), une fois que tout était bon je me suis dit "pffff allez balance, tfaçon si jrepasse dessus je vais le réécrire une troisième fois".

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Oula moi corriger les fautes ? C'est déjà la croix et la bannière pour que j'en tape pas. :Smile_teethhappy:

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14 hours ago, Sana_Khan said:

Oula moi corriger les fautes ? C'est déjà la croix et la bannière pour que j'en tape pas. :Smile_teethhappy:

 

Bahs t'as bien pointé qu'elles faisaient saigner les yeux. C'est que t'en as vu xD

Et cela dit en passant :

 

22 hours ago, Sana_Khan said:

c'est aux antipodes de...je vais pas en dire plus. :cap_look:

 

  Hide contents

Vous savez qui. :Smile-_tongue:

 

Au final la quasi totalité des topics de vous savez qui passent en trending avec une dizaine de commentaires par jours. Je devrais ptet faire pareil que lui xD Moins d'effort pour plus d'interaction...

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Le 27/04/2018 à 18:38, LastButterfly a dit :

aérodynamisme

 

Hydrodynamique ! (ou sinon j'ai rien pigé au sens dans lequel naviguait le pauvre Littorio)

 

Moi aussi je peux me fâcher sur certains points !

 

Le 27/04/2018 à 18:38, LastButterfly a dit :

L’hydravion a sauté de sa catapulte (tain les mecs faudra l’accrocher un peu mieux, ça fait deux fois là)

 

Bof, tu sais, vu ce qu'ils valaient c'était pas trop grave qu'ils partent à la flotte en fait.

 

Le 27/04/2018 à 18:38, LastButterfly a dit :

Et son moteur - après tout on sais tous que les italiens avaient des propulsions capricieuses qui duraient vraiment pas longtemps et dont l'endurance était une faiblesse.

 

C'est marrant cette capacité chez les italiens à réussir le même tour de forces dans deux domaines très différents (marine et aviation) :Smile_teethhappy:

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